Trump, ou l'art de se tirer dans le pied.

Sarkozy peut-être mais, non, même pas. Comme l’ancien président français, Donald Trump a pour principe de toujours occuper le terrain par ses annonces, déclarations et décisions mais, à côté de lui, Nicolas Sarkozy n’était que retenue et discrétion.

Il n’y pas de précédant à ce président américain qui en sept jours de mandat aura trouvé le moyen de sonner la fin de l’Obamacare, la couverture médicale pour tous ; d’annoncer le retrait américain de l’accord de libre-échange trans-pacifique et la renégociation de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada ; de supprimer les subventions aux ONG soutenant les interruptions de grossesse ; de geler l’embauche de nouveaux fonctionnaires ; de relancer deux projets d’oléoducs dont les défenseurs de l’environnement avaient obtenu l’abandon ; de lancer la construction d’un mur à la frontière mexicaine ; de déclarer la guerre à la presse américaine et, entre dix autres choses, de provoquer une crise diplomatique avec le Mexique dont le président a renoncé, hier, à une visite à Washington après que Donald Trump lui a dit qu’il était inutile de venir s’il persistait à refuser de financer son mur.

Cela fait neuf coups d’éclat en une semaine et force est de se demander aujourd’hui comment cet homme pourrait ne pas bientôt exploser en vol.

Ce qu'il risque n'est pas tant l'impeachment, une destitution par le congrès. On pourrait en arriver là, oui, s’il était prouvé, mais c’est improbable, que la Russie a barre sur lui. Non, ce que risque Donald Trump est tout simplement de se paralyser lui-même à vitesse grand V car enfin…

Il jette l’Obamacare aux oubliettes mais pour le remplacer par quoi ? Personne ne le sait. Cette question divise sa majorité parlementaire et l’on est parti pour des mois, voire des années, de batailles au Congrès.

Il se retire de l’accord trans-pacifique, mais cet accord avait été conçu pour isoler Pékin en unissant le Pacifique autour des Etats-Unis et Donald Trump vient ainsi de faire un cadeau royal aux Chinois qu’il menace des pires choses s’ils ne se plient pas à ses exigences commerciales.

Il applaudit le Brexit, souhaite l’éclatement de l’Union européenne et met en doute la pérennité de l’Otan mais, à peine arrivée aux Etats-Unis, la première ministre britannique le met en garde, hier, contre Vladimir Poutine et les Européens ne parlent plus que de resserrer leurs rangs.

Il veut relancer l’économie américaine par l’investissement dans les infrastructures, très bien, il a raison, mais les élus républicains ne veulent pas de telles dépenses alors que les démocrates le prennent aux mots.

Il s’attaque à la presse mais les ventes du New York Times sont en plein boom. Il veut rétablir la torture mais son secrétaire à la Défense n’en veut pas. Il impose hier à 20% les importations du Mexique avant de reculer dans l’heure.

Il faudrait cinq chroniques pour tenter de clore la liste mais, à ce rythme, Donald Trump pourrait bientôt se retrouver très seul en sa Maison-Blanche, coupé de sa majorité, vilipendé par la presse, en rupture avec les alliés européens des Etats-Unis et totalement inaudible car, à trop parler, on ne se fait plus entendre.

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