Après trois ans d’attente, le Président américain présente mardi son plan pour la Palestine, mais sans les Palestiniens qui n’ont pas confiance. Le plan penche totalement du côté israélien.

La proximité entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou constitue un atout électoral en Israël pour le chef du Likoud, qui s'affiche avec le Président américain sur de vastes panneaux dans le payx.
La proximité entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou constitue un atout électoral en Israël pour le chef du Likoud, qui s'affiche avec le Président américain sur de vastes panneaux dans le payx. © AFP / AHMAD GHARABLI / AFP

Ca fait trois ans qu’on l’attend, ce plan de Donald Trump pour la Palestine, ou plutôt le plan de son gendre, Jared Kushner, au point qu’on avait fini par croire qu’il ne viendrait jamais. 

Le moment de sa divulgation est particulier : juste avant de nouvelles élections législatives en Israël le 2 mars - les troisièmes en un an, en pleine impasse politique-, et au début d’une année électorale américaine. Il n’est pas nécessaire d’avoir l’esprit mal tourné pour y voir plus qu’une coïncidence : la coordination a été totale et permanente entre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le gendre de Donald Trump, chacun donnant un coup de pouce électoral à l’autre.

La mise en scène de la séquence en est d’ailleurs le reflet, et a suscité des remous en Israël. Il était prévu que Netanyahou et son rival aux élections, Benny Gantz, soient reçus en même temps par Donald Trump à Washington ; un piège pour Gantz qui se retrouvait en position d’infériorité à côté du premier ministre. Finalement, ils seront reçus séparément ce lundi !

Quant aux Palestiniens, ils ne seront pas de la fête à Washington : ils ont décidé qu’ils n’avaient rien à attendre de cette administration, après le déplacement unilatéral de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la déclaration estimant que les colonies juives des territoires occupés n’étaient pas nécessairement « illégales ».

Comme le souligne le quotidien israélien anti-Netanyahou « Haaretz », l’« Accord du siècle », comme a été baptisé le plan Trump, «  a été formulé de telle manière qu’il soit rejeté par les Palestiniens ».

Ce plan constitue en effet une rupture majeure par rapport au consensus international, c’est-à-dire une solution à deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte ; même si cette solution est de moins en moins réaliste du fait de la colonisation.

Le plan Trump permet apparemment l’annexion par Israël de la Vallée du Jourdain et de pans entiers de colonies de Cisjordanie. Il ne laisse que des zones isolées aux Palestiniens, dans un statut d’autonomie limitée peu susceptible de déboucher sur un État viable. Le plan prévoit une injection massive d’argent, remplaçant donc la souveraineté par des investissements.

Sans surprise, cette proposition va être approuvée par les Israéliens, aussi bien par Netanyahou qui se prononce pour l’annexion, que par son rival Benny Gantz qui fait de la surenchère ; et elle sera rejetée par les Palestiniens, qui menacent même de se retirer des structures héritées des Accords d’Oslo de 1993.

Que se passera-t-il après ? Le refus palestinien peut permettre à Israël de passer à l’acte et d’annexer une partie de la Cisjordanie. Mais une accumulation d’actes unilatéraux, n’offrant comme perspective aux Palestiniens que le choix entre occupés et citoyens de seconde catégorie, ne fait pas un plan de paix. Ca prépare, au contraire, les drames de demain.

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.