Aujourd'hui Anthony Bellanger, c'est une affaire d'espionnage vieille de 30 ans qui a retenu votre attention...

Oui, mais une affaire digne d'un roman de Le Carré : l'affaire Pollard. Jonathan Pollard est un Juif américain qui a espionné au début des années 80 pour le compte des services secrets isréaliens, le fameux Mossad.

Il était analyste dans la marine américaine et aurait passé des milliers de documents secrets entre 1979 et son arrestation en 1985. Une arrestation rocambolesque : il est entré de force en voiture avec son épouse dans l'ambassade d'Israël à Washington.

Là il a été refoulé et aussitôt arrêté par le FBI. Il a donc été condamné à la prison à vie pour espionnage. Si vous comptez bien : 1985 – 2015, 30 ans de prison. Or aux Etats-Unis, c'est à ce moment que vous pouvez demander une libération conditionnelle.

La date anniversaire de ses 30 ans de prison arrive en novembre et, aussi bien en Israël qu'aux Etats-Unis, des fuites savamment orchestré ont laissé entendre qu'il pourrait être effectivement libéré. Toute la presse israélienne a repris l'information.

Relance : En Israël, Jonathan Pollard est une sorte de héros, n'est-ce pas ?

C'est devenu un héros. Dans les années 80 et 90, il n'y avait guère que l'extrême-droite israélienne qui exigeait sa libération. Petit à petit, tout le spectre politique s'y est mis : écrivains, prix Nobel et même Shimon Peres, l'ancien president travailliste.

Mais il y a une personne en particulier qui s'est particulièrement battu pour sa libération. Cette personne c'est Benyamin Netanyahou, l'actuel Premier ministre israélien. Il a même failli l'obtenir en 1998, à l'époque où Bill Clinton était président.

Il avait fallu que le directeur de la CIA de l'époque menace de démissionner si Pollard était libéré pour faire capoter l'affaire. Rebelotte en 2010, Benjamin Netanyahou, encore lui, propose de l'échanger contre le gel des colonies en Cisjordanie.

A nouveau l'échec. Même l'année dernière, en 2014, Benjamin Netanyahou aurait tenté de l'échanger contre une prolongation des discussions de paix vec les Palestiniens. Une fois encore, il n'obtient pas satisfaction.

Relance : ce que vous voulez dire, c'est que les Etats-Unis vont libérer Pollard pour faire plaisir au Premier ministre israélien ?

Ce qui est certain, c'est que ça lui fera plaisir. Ce qui est aussi certain, c'est que Israël est en ce moment très fâchée – ou feint de l'être – contre l'administration Obama. A cause évidemment de l'accord sur le nucléaire iranien.

Libérez Jonathan Pollard, c'est un geste qui ne peut qu'aller dans la bonne direction, même si à Tel Aviv, on jure ses grands dieux que ça n'a rien à voir. On n'achète pas la colère d'Israël à si bon compte ! A Washington même récriminations.

Et les deux n'ont pas tout à fait tort : la liste des courses préparée par l'armée israélienne pour compenser l'accord avec l'Iran contient beaucoup plus qu'un simple nom, fusse-t-il symbolique comme celui de Jonathan Pollard.

On évoque plutôt une cinquantaine de F-35, le dernier cri des chasseurs américains, ainsi que des batteries de missile en veux-tu en voilà. Mais là aussi, évidemment, Tel Aviv dément vigoureusement.

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