Suffit-il de dire que Donald Trump a raison et l'embrasser à la russe (comme l'a fait Jean Claude Junker) pour emporter le morceau à Washington. Tout semble montrer que oui !

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, régulièrement filmé par les caméras titubant dans les sommets européens parce qu'il souffre de sciatique, selon lui, parce qu'il aime un peu trop les vins européens, selon les autres.

Jean-Claude Juncker donc a voyagé mercredi à Washington « parce qu'il voulait conclure un deal », je cite le Juncker dans le texte, et il est bel et bien « reparti avec un deal ». En clair, Jean-Claude Juncker est un héros, c'est même LE héros de l'Europe uni !

Quelles concessions ?

C'est ce qui est merveilleux : il n'a pas cédé grand-chose et il y a réussi à écarter la menace de taxes punitives sur les voitures importées d'Allemagne. Qu'a-t-il cédé ? Il a promis que l'Europe achèterait plus de soja et de gaz liquéfié américains.

Mais il y a un loup : plus de soja si son prix correspond à celui du marché mondial et si les agriculteurs européens en ont besoin. Quant au gaz, ce sera quand des terminaux gaziers pourront l'accueillir. C'est-à-dire pas avant plusieurs années.

Quel résultat ?

Avant tout qu'on cesse de menacer l'industrie automobile européenne, c'est-à-dire allemande. Aux Etats-Unis, ce ne sont pas des Renault ou des Peugeot qu'on s’arrache, mais des Mercedes, des Audi ou des BMW. Rien qu'avec cela, sa mission était réussie.

Ensuite, c'est du grand art. Il est convenu avec Donald Trump qu'il faudra bientôt se revoir pour établir un cadre de discussion qui permette de discuter des autres taxes à l'import/export. Des discussions sur les discussions ! C’est beau comme l’antique !

Quelle préparation ?

C'est vrai qu'à relire les tweets de Trump, on revient de loin. Depuis des semaines, le Donald explique que « l'Europe est aussi 'bad' que la Chine », que l'Allemagne est très très 'bad' elle aussi et qu'Europe et Etats-Unis sont des « adversaires ». [foe]

En fait, Jean-Claude Juncker a bénéficié du retour d'expérience de tous les chefs d'Etat et de gouvernement européens qui ont rencontré ou parlé Donald Trump et qui, dans les sommets bruxellois, évoquent le sujet en rigolant beaucoup.

Quelle méthode ?

Règle n°1 : « don't take it personally ! » Donald Trump vitupère, insulte, tweete mais retourne tout aussi vite sa mauvaise humeur en éloges dithyrambiques. Règle n°2 : nourrir la bête. C'est-à-dire lui faire des menues concessions sans conséquences.

Règle n°3, la plus importante : lui laissez tout le crédit. Un peu comme dans la Folie des grandeurs, avec Louis de Funès, vous savez : « et maintenant, Blaze, flattez-moi ! ». Le Donald est vaniteux et surtout a quelques semaines d'élections de mi-mandat capitales.

Peut-on faire confiance au Donald ?

Surtout pas ! Les équipes de la Maison-Blanche ont déjà négocié deux accords commerciaux avec la Chine et elles ont été déjugées deux fois par Donald Trump soi-même. Il n'y a donc pas de raisons que nous soyons traités différemment.

D'autant que l'Europe n'a pas d'autres moyens que commerciaux pour peser sur les Etats-Unis. Même si, on vient de le voir, en jouant serré et en envoyant le plus improbable des super-héros européens, Jean-Claude Juncker, on peut réussir sans même se battre.

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