Les rumeurs sont contradictoires. Considéré par les uns comme déjà nommé émissaire des grandes puissances pour le Proche-Orient, Tony Blair se heurterait encore, selon d’autres, à l’opposition de la Russie et la tiédeur de l’Europe. On sera bientôt fixé mais, Tony Blair ou pas, les choses pourraient sérieusement évoluer dans la région. A en croire une personnalité israélienne de premier plan, Ehud Olmert serait en effet décidé à saisir l’occasion de la rupture entre le Président palestinien et les islamistes du Hamas pour proposer à Mahmoud Abbas une reprise de processus de paix. Le Premier ministre israélien n’aurait pas en tête un simple accord sur la Cisjordanie. Il serait, au contraire, prêt à rechercher un accord global, sur l’ensemble, Gaza comprise, des territoires palestiniens, sur Jérusalem et le problème des réfugiés. C’est ce à quoi Mahmoud Abbas l’avait appelé lundi soir, à Charm el-Cheikh, devant le Président égyptien et le roi Abdallah de Jordanie. Il y aurait donc une convergence possible de deux volontés mais – car il y a, bien sûr, un « mais » – Ehud Olmert mettrait à cet accord une condition particulièrement explosive. Il n’accepterait d’aller de l’avant que si ce futur Etat palestinien s’engageait, lui, dans une forme d’union avec la Jordanie. Non ! L’idée ne serait pas d’en revenir au vieux projet de la droite israélienne de replacer, comme avant 1967, la Cisjordanie sous l’autorité de la monarchie jordanienne pour faire de cet ensemble la patrie des Palestiniens. Ce ne serait ni de près de loin, insiste-t-on, le plan d’Ehud Olmert qui voudrait bel et bien négocier la création d’un Etat palestinien, indépendant et siégeant à l’Onu, mais assez lié – tout est là – à la Jordanie pour qu’Israël soit assuré que l’ordre y règne et qu’il ne tombe pas aux mains d’extrémistes. Il voudrait, autrement dit, que la Jordanie devienne de fait garante, par cette forme d’union, de l’avenir de la Palestine et de la sécurité d’Israël. Ce projet ferait l’objet d’intenses consultations à Jérusalem mais serait-il jouable ? A priori non puisque les Palestiniens n’ont pas gardé bon souvenir de la domination jordanienne, qu’ils ont toujours voulu être aussi indépendants des Etats arabes que d’Israël et que Mahmoud Abbas ne saurait se laisser dicter les choix de son futur Etat. A priori, ce projet est mal parti sauf que Mahmoud Abbas a tant besoin d’un appui sécuritaire qu’il souhaite faire venir en Cisjordanie les 1500 hommes de l’armée palestinienne basés en Jordanie et intégrés à l’armée jordanienne ; que l’OLP avait elle-même envisagé une confédération avec la Jordanie en 1988 et que rien n’oblige les Israéliens à faire une condition de ce qui pourrait donc être un choix souverain. La piste est broussailleuse mais… qui sait ?

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