Comme cette chronique, l’année politique s’achève pour reprendre en septembre. Bien des choses peuvent se passer d’ici là mais, l’un dans l’autre, c’est le temps des bilans. L’année 2007/2008 aura vu resurgir le spectre de la faim sur le monde, le « non » irlandais replonger l’Europe dans la crise, un président français triomphalement élu atteindre, en quelques mois, des records d’impopularité, le second mandat de Georges Bush s’acheminer vers sa fin dans une lente paralysie de la première puissance mondiale, l’inflation renaître et la croissance reculer, l’Iran poursuivre sa marche vers la bombe et les négociations israélo-palestiniennes marquer le pas. Ce fut, en un mot, une mauvaise année mais il y a, pourtant, une autre manière de voir ces dix derniers mois. L’Amérique est essoufflée, embourbée, désemparée mais les primaires ont sorti de l’anonymat le plus improbable des candidats à la Maison-Blanche, un jeune sénateur métis, de père kenyan et de mère américaine, un homme que les sondages donnent aujourd’hui gagnant le 4 novembre et dont la seule émergence a modifié l’image des Etats-Unis. Soudain, l’Amérique est redevenue le pays de tous les possibles, même l’élection d’un président noir par un pays si majoritairement blanc. Barack Obama est devenue l’incarnation d’une autre Amérique, celle qui fascine, celle qu’on aimerait voir reprendre pied tant elle est indispensable à la stabilité internationale, et même ce monde arabo-musulman qui s’était pris à franchement haïr les Etats-Unis ne confond désormais plus tous les Américains dans le même opprobre. Si Barack Obama était élu, c’est toute la donne internationale qui en serait modifiée tant il bénéficie d’un préjugé favorable sur les cinq continents mais ce n’est pas tout. Une semaine après l’autre, le nouveau président russe, Dmitri Medvedev, affirme sa différence avec Vladimir Poutine, se posant en modernisateur occidentaliste, désireux de développer les libertés en Russie et d’arrimer son pays à l’Europe et l’Amérique. Il y a loin de cette ambition à sa réalisation mais quelque chose se passe à Moscou qui ressemble fort à une nouvelle étape du post-communisme, marquée par l’ascension des classes moyennes et de générations qui n’ont pas connu le soviétisme, d’une nouvelle Russie dont ce jeune président serait l’incarnation. Cela fait beaucoup de changements, encore virtuels mais peut-être prometteurs, et il n’est pas indifférent, parallèlement, que la Syrie veuille sortir de son alliance avec l’Iran ; que le président iranien paraisse de plus en plus isolé à Téhéran ; que les négociations israélo-palestiniennes n’aient, malgré tout, pas été rompues ; que l’Afrique se démarque si nettement de la dictature de Robert Mugabe et que, touchant le fond, l’Europe commence à chercher les moyens d’un rebond en nommant ses difficultés et, d’abord, son opacité. Il n’y a là que des lueurs d’espoir, bien fragiles mais, pourtant, réelles. C’est elles qu’il faut regarder. C’est elles qui portent l'avenir, et, en attendant, bon été à nos auditeurs.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.