En pleine guerre commerciale, les présidents américain et chinois se rencontrent en marge du sommet du G20 au Japon, une rencontre des deux géants du XXI° siècle, d’une portée considérable pour la stabilité mondiale.

La dernière poignée de mains Xi-Trump, en décembre dernier en marge du précédent G20 à Buenos Aires, à la une d’un journal chinois de l’époque.
La dernière poignée de mains Xi-Trump, en décembre dernier en marge du précédent G20 à Buenos Aires, à la une d’un journal chinois de l’époque. © AFP / GREG BAKER / AFP

C’est peut-être le sommet le plus important depuis de nombreuses années. Les deux superpuissances qui vont dominer les décennies à venir, en étant partenaires, rivales ou carrément ennemies, sont en train de se tester, de s’évaluer, de définir le rapport de force entre elles. 

Si le sommet qui se tiendra en marge du G20 à Osaka échoue sur le volet commercial, en négociation depuis des mois, l’escalade de la tension entre les deux pays se poursuivra, et s’étendra à tous les domaines. Les conséquences affecteront le monde entier, en raison de la taille des deux géants, et de la déstabilisation qui suivra.

Comme toujours dans ce genre de rencontres, les personnalités comptent. On se souvient de Nixon et Mao, ou de Reagan et Gorbatchev qui ont marqué de grands moments historiques. Leurs personnalités, leurs caractères étaient très différents, mais ça n’a pas pesé sur les discussions.

Difficile de trouver plus opposés, cette fois encore, que Donald Trump et Xi Jinping. D’un côté l’homme d’affaires et personnage de téléréalité, américain jusqu’au bout des ongles, narcissique et sûr de lui ; de l’autre, le fils d’un compagnon de Mao, qui a grimpé tous les échelons du Parti communiste chinois jusqu’à en devenir le numéro un, plus discret mais pas moins coriace.

Peuvent-ils parvenir à un accord ? Tout dépend de ce qu’on entend pas accord. Un compromis est possible à Osaka sur les sujets commerciaux avancés par Donald Trump, et sur lesquels il a l’avantage. La Chine a pris conscience de sa vulnérabilité, notamment lorsque les États-Unis ont décidé de priver le géant des télécoms chinois Huawei de composants américains et de l’écarter de leur marché.

Xi Jinping pourrait donc être disposé à faire un compromis pour mettre fin à cette guerre commerciale qui pénalise son économie alors qu’elle est train de changer de modèle.

Mais la logique des deux hommes est différente. Lancé en campagne électorale, Donald Trump a besoin de crier victoire, de montrer qu’il obtient ce que personne avant lui n’a réussi à faire, au risque d’humilier son interlocuteur, il ne peut pas s’en empêcher ! 

Or le Président chinois a lui aussi des préoccupations de politique intérieure, même si elles sont d’une autre nature. Le numéro un chinois a accumulé des pouvoirs immenses pour conduire la Chine vers la première place mondiale qui était la sienne dans l’histoire. Il peut accepter un repli stratégique, mais pas une humiliation par le rival américain.

L’équilibre entre les intérêts nationaux considérables et l’alchimie personnelle entre les deux hommes rend la rencontre largement imprévisible. 

Mais une chose est sûre, quel que soit le résultat, les conditions d’un véritable partenariat entre les deux géants du XXI° siècle n’existent pas aujourd’hui ; on est loin d’un monde bipolaire harmonieux. 

La rivalité restera donc la marque des prochaines années, et elle se prolongera vraisemblablement au-delà de Donald Trump et Xi Jinping, les deux personnages, qui, aujourd’hui, tiennent l’économie et la stabilité mondiales entre leurs mains.

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