Où l'on voit que les électeurs européens auraient des leçons à tirer des échecs de M. Trump

 Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche Olivier
Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche Olivier © AFP / Olivier Doumiery / DPA

Mauvais pour le président mais bon pour le pays, estimait en substance le New York Times de samedi. Il est en effet bon pour les Américains que Donald Trump et les différents courants de la majorité républicaine de la chambre des Représentants aient échoué à revenir sur l’Obamacare, le texte par lequel Barack Obama avait généralisé la couverture médicale, puisque quelque 25 millions d’hommes, de femmes et d’enfants auraient alors été privés de soins, même en cas d’urgence, de grossesse ou de maladie grave.

Ce n’aurait pas été un progrès pour la plus riche et la plus puissante des démocraties du monde et, parallèlement, c’est un spectaculaire échec, un de plus, pour ce président qui, quoi qu’on pense de ses politiques, ne sait tout simplement pas diriger un pays.

Par deux fois, ses décrets interdisant l’entrée du territoire américain aux ressortissants de pays musulmans ont été bloqués par le pouvoir judiciaire qui les juge discriminatoires et attentatoires à la liberté religieuse. Son conseiller pour la sécurité nationale, Michael Flynn, a du démissionner sitôt après son entrée en fonctions pour avoir menti sur ses contacts avec l’ambassadeur russe à Washington. Signe que cette affaire monte, le directeur du FBI a indiqué il y a une semaine que ses services enquêtaient sur l’éventualité d’une « coordination » entre le Kremlin et l’équipe de campagne du président.

Avec son échec, maintenant, sur l’Obamacare, il se confirme que Donald Trump et ses collaborateurs improvisent, ne préparent pas leurs textes et ne maîtrisent pas l’art des négociations et compromis politiques sans lesquels il n’y a pas de décisions en démocratie. C’est grave et ce qui est, en l’occurrence, bon pour les Américains ne l’est ni pour les Etats-Unis ni pour la stabilité du monde car cet amateurisme crée un vide international, un vide extrêmement déstabilisateur puisqu’il ne peut plus échapper à aucune puissance qu’il n’y a plus de pilote à Washington.

La Chine n’a plus guère de raison de s’inquiéter des réactions américaines à ses pressions sur ses voisins asiatiques. La Corée du nord aurait tort de ne pas poursuivre ses provocations militaires. La Russie peut aujourd’hui faire ce que bon lui semble au Proche-Orient et en Europe centrale et, plus inquiétant encore, personne n’est plus à l’abri d’une réaction hâtive et irrationnelle de Donald Trump lorsque qu’une crise quelconque lui donnera l’illusion de pouvoir se refaire sur sa scène intérieure en jouant des muscles à l’international.

C’est le premier enseignement de la manière dont les Républicains et leur président viennent de se tirer dans le pied et le second est qu’avant de vouloir faire tabler rase du passé, les électeurs occidentaux feraient bien de réfléchir à deux fois. Ces nouvelles extrêmes droites nationalistes et anti-tout qui s’affirment partout dans le monde ont le charme des coups de gueule mais, comme M.Trump, leur héros, elles ont aussi le défaut d’être pétries de contradictions, simplistes et trop ignorantes de trop de choses pour savoir gouverner et ne pas mener à l’aventure.

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