C’est le roi Abdallah, le souverain jordanien qui parle. « Nous pourrions imaginer entrer avec trois guerres civiles dans l’année 2007 », a-t-il déclaré, hier, sur la chaîne de télévision ABC en parlant de l’Irak, du Liban et du conflit israélo-palestinien. C’est une « terrible crise » qui menace le Proche-Orient, a-t-il ajouté, et cette inquiétude est devenue si générale que beaucoup de choses bougent sur tous les fronts. Samedi, Dick Cheney, le vice-Président américain, a fait un aller et retour à Riad dans le but non avoué mais évident d’obtenir de l’Arabie saoudite, pays sunnite et limitrophe de l’Irak, qu’elle appelle les sunnites irakiens à moins de violences. Rien n’a filtré de ces discussions mais les Saoudiens ont clairement posé leurs conditions en souhaitant publiquement que les forces américaines mettent fin à « l’hégémonie extérieure » en Irak, autrement dit aux ingérences de l’Iran chiite. Le même jour, les Premiers ministres turc et jordanien se sont prononcés ensemble contre une division de l’Irak qui non seulement embraserait ce pays, ont-ils estimé, mais aurait aussi de « dangereuses répercussion sur tous les pays voisins ». Ils ont donc annoncé leur volonté de se coordonner avec « les nombreux Etats de la région qui veulent la stabilité de l’Irak », formulation sibylline qui semble désigner les pays inquiets de la montée en puissance de Téhéran. L’Iran devient en tout cas si central dans ces prémisses d’embrasement général que le président irakien, le chef du gouvernement turc et le Président syrien y sont successivement attendus dans les jours à venir. Deux derniers déplacements d’importance, Georges Bush arrive mercredi à Amman pour des entretiens avec le Premier ministre irakien et Condoleezza Rice devrait entamer prochainement une tournée dans la région. Tout le monde cherche un compromis sur l’Irak ou, à défaut, des alliés dans la plausible extension régionale de cette crise et, parallèlement, l’heure est à la détente entre Israéliens et Palestiniens. Malgré sa brève violation, la trêve des tirs de roquette instaurée, hier matin, par les Palestiniens a été chaleureusement saluée par le chef du gouvernement israélien. « Tout cela pourrait conduire à terme à l’ouverture de véritables négociations sur un accord global entre nous et les Palestiniens », a déclaré Ehud Olmert après que les troupes israéliennes se furent retirées de Gaza dans la nuit comme si cette trêve avait été coordonnée avec Israël. Plus encourageant encore, le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil en Damas, a donné, samedi, « six mois » aux Occidentaux pour concrétiser « l’opportunité politique de la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 ». Menaces de reprise de l’Intifada à l’appui, le ton était belliqueux mais c’est la première fois que le chef de l’aile dure du Hamas accepte, et exige, un règlement fondé sur la coexistence de deux Etats – autrement dit sur une reconnaissance d’Israël.

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