Où l'on voit les trois raisons permettant espérer qu'une négociation s'amorce

Les précédentes tentatives n’incitent pas à l’optimisme. L’Onu a déjà organisé sept rencontres inter-syriennes de recherche d’un règlement de paix sans que cela ne débouche sur le moindre progrès. La huitième s’ouvre demain à Genève alors même que la tension est à son comble entre l’Iran et l’Arabie saoudite et que la crise libanaise est tout sauf résolue. Tout parait dire que toutes les conditions d’un nouvel échec sont ainsi réunies mais de relatifs progrès ne sont pourtant pas totalement exclus pour trois raisons.

         La première est que la coalition internationale conduite par les Etats-Unis et appuyée au sol par les Kurdes a maintenant eu raison de Daech. Le régime de Damas et ses alliés russes et iraniens ne peuvent désormais plus faire comme si les djihadistes et les insurgés ne faisaient qu’un et que toute concession politique de leur part jouerait en faveur des assassins. On entre cette fois-ci dans le vif du sujet, l’avenir politique de la Syrie, et les débats en seront clarifiés. 

         La deuxième raison pour laquelle cette nouvelle réunion pourrait ne pas être aussi stérile que les précédentes est que les différents mouvements d’opposition et de lutte armée se sont unis pour l’occasion. Réunis la semaine dernière à Ryad à l’invitation des autorités saoudiennes, ils ont formé une seule et même délégation pour les représenter à Genève et adopté une position commune réitérant l’exigence d’un retrait de Bachar al-Assad en préalable à tout processus de transition politique. 

         C’est une position ferme, plus dure que celle des Occidentaux qui sont devenus plus évasifs sur le sort du président syrien, mais le principal obstacle à un compromis est ainsi clair et si une négociation s’amorçait, on voit bien qu’elle aurait à porter sur la réalité des pouvoirs dont disposerait Bachar al-Assad jusqu’à son retrait définitif.

         Quant à la troisième raison pour laquelle l’échec de cette réunion de Genève n’est pas certain, elle est que Vladimir Poutine préférerait faire de lui-même et de son pays des faiseurs de paix plutôt que de s’embourber en Syrie. Son prestige et celui de la Russie en seraient grandis. Cela les installerait durablement au Proche-Orient en forces de compromis et de modération. Vladimir Poutine aurait tout à gagner à un règlement syrien et le fait est qu’il parait vouloir le favoriser en multipliant les contacts, depuis dix jours, avec tous les acteurs de ce conflit. 

         Alors si quelque chose s’amorçait réellement à Genève, c’est moins de Bachar al-Assad que l’on parlerait que de Constitution car la paix passe forcément par une nouvelle Loi fondamentale garantissant les droits et l’autonomie de toutes les communautés. Chacun a son projet prêt mais rien, absolument rien, n’est encore joué.  

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