Barack Obama vit une semaine difficile. Dimanche, le double attentat qui a fait plus de 150 morts et un demi millier de blessés à Bagdad a remis l’Irak au premier plan de ses préoccupations alors même que l’ensemble des forces américaines devrait avoir quitté le pays d’ici à la fin de 2011 et que les troupes de combat devraient avoir été rappelées, bien avant, au mois d’août prochain. C’est cette promesse qui avait mis la candidature de Barack Obama sur les rails. C’est largement sur elle qu’il s’était fait élire. Il en va de sa crédibilité mais le fait est que cette tuerie est venue mettre en doute la faisabilité de ce retrait. Le premier ministre, Nouri al-Maliki, n’apparaît plus capable d’assurer un minimum de sécurité aux abords mêmes du ministère de la Justice. Des caméras fixes ont révélé, hier, que la camionnette d’où étaient parties les explosions était un véhicule de la compagnie des eaux de Fallouja, ville qui fut longtemps une place forte d’al Qaëda. Elle aurait si évidemment du attirer l’attention que l’hypothèse de complicités jusqu’au sein des forces de police paraît plausible. Cela nourrit beaucoup de rumeurs sur la possibilité que des forces politiques gouvernementales aient pu vouloir décrédibiliser le Premier ministre avant les élections législatives de janvier prochain. La stabilisation progressive de l’Irak sur laquelle comptait la Maison-Blanche semble, en un mot, tellement aléatoire que cela place Barack Obama devant une alternative détestable, soit quitter l’Irak en le laissant à feu et à sang, soit y rester sans que cela ne garantisse rien. Pire encore, car le problème est plus immédiat, les deux candidats au second tour de la présidentielle afghane du 7 novembre se sont maintenant engagés dans un bras de fer. Abdullah Abdullah exige la destitution du président de la Commission électorale. Hamid Karzaï la refuse. Les résultats de cette élection ont de moins en moins de chance, quoi qu’il en soit, d’être acceptés comme légitimes. Tout se détériore sur ces deux fronts en même temps et l’Iran n’en finit plus, parallèlement, d’envoyer des signaux contradictoires sur le compromis que l’Agence internationale pour l’énergie atomique lui a proposé de signer avec les grandes puissances. Sauf nouveau délai, on devrait être fixé « en milieu de semaine » mais il se passe d’étranges choses à Téhéran. Alors que l’aile la plus radicale du régime, avait accepté, par la bouche même de son chef de file, Mahmoud Ahmadinejad, l’idée de faire enrichir la majeure partie de l’uranium iranien par la Russie et de la faire conditionner ensuite par la France à un niveau garantissant un usage exclusivement civil, c’est maintenant l’aile modérée du courant conservateur qui dénonce ce projet de compromis comme une duperie occidentale. Tout se passe comme si ces hommes qui méprisent Mahmoud Ahmadinejad et ne rêvent que de le cantonner aux inaugurations d’expositions florales, voulaient le mettre en difficultés en l’accusant de trahir l’intérêt national. Les batailles et incertitudes intérieurs pèsent sur cette possibilité de compromis dont Barack Obama aurait tant besoin pour stabiliser l’Irak et l’Afghanistan.

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