Plus net, ce n’aurait pas été possible. Avec ces quelques 70% des voix que trois sondages sortie des urnes accordent aux différents partis pro-européens, c’est massivement que l’Ukraine a voté hier pour son rapprochement avec l’Union et contre l’entreprise de déstabilisation conduite par Vladimir Poutine.

Ces sondages restent, bien sûr, à confirmer par les résultats officiels mais la tendance est telle que même si la Crimée annexée par la Russie et les régions orientales aux mains des séparatistes pro-russes avaient pu prendre part au vote et s’étaient prononcées - ce qui n’est nullement certain - dans un sens contraire, la physionomie du pays n’aurait pas été radicalement autre que celle qui vient de s’affirmer.

L’enseignement premier de ce scrutin est ainsi que par sa volonté de vassaliser à nouveau l’Ukraine, Vladimir Poutine n’a fait qu’inverser le cours de l’histoire au détriment de son propre pays, la Russie. Historiquement, culturellement, linguistiquement, familialement aussi tant est grand le nombre de familles à la fois russes et ukrainiennes, ce pays était tout autant russe qu’ukrainien, un inextricable mélange de gens regardant les uns à l’Ouest, les autres à l’Est. Les premiers étaient majoritaires dans les régions occidentales du pays. Les seconds l’étaient dans les régions orientales dont l’économie est très liée, qui plus est, à celle de l’URSS hier et de la Russie aujourd’hui.

Malgré tous les déchirements de l’histoire, la Russie était largement chez elle en Ukraine mais Vladimir Poutine a réussi la prouesse d’unir ce pays contre la Russie et d’ancrer l’écrasante majorité de ses habitants dans une aspiration à rejoindre, un jour, l’Union européenne.

On ne pourrait pas imaginer chef d’Etat desservant à ce point les intérêts de son pays. Vladimir Poutine est un bien mauvais Russe qui est en train, qui plus est, de mettre à mal l’économie de son pays qu’il n’a jamais su développer malgré ses ressources naturelles et qu’il affaiblit encore par les sanctions occidentales que sa brutalité a suscitées. Il est le grand perdant de ces élections mais le rapprochement de l’Ukraine et de l’Union est-il maintenant aussi «irréversible » que le disait hier soir Petro Porochenko, le président ukrainien ?

La percée des plus jeunes, des plus radicaux et des plus nouveaux des partis pro-européens pourrait le laisser penser mais non. Là, non, la réponse n’est pas donnée parce que l’économie de ce pays est en ruine, que le FMI et l’Union européenne ne l’aideront pas sans qu’il ne procède à des mesures d’assainissement qui vont encore abaisser le niveau de vie de la population et que l’Union est bien trop empêtrée dans ses difficultés pour pouvoir promettre à l’Ukraine de lui ouvrir ses portes, même à terme. L’Ukraine a choisi l’Europe mais reste à voir si l’Union sera, ou non, à la hauteur de ce choix.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.