Ce n’est pas encore un processus de paix. Peut-être que cela ne le deviendra pas mais quelque chose, disons une phase diplomatique, s’est enclenchée sur la Syrie. Son deuxième round aura lieu ce soir au Quai d’Orsay où le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, reçoit les représentants des monarchies pétrolières, des Etats-Unis, de la Turquie, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Grande-Bretagne, des pays les plus clairement opposés à un maintien de Bachar al-Assad au pouvoir.

Ce dîner fera suite à un premier round, vendredi dernier, à Vienne, où les chefs des diplomaties russe, américaine, turque et saoudienne s’étaient longuement entretenus des possibilités de mettre fin à ce conflit. Il y avait un pays, la Russie, qui dit n’envisager un départ du président syrien qu’à l’issue d’élections et trois autres pour lesquels des élections ne pourraient intervenir qu’après son départ. Pour la Russie, Bachar al-Assad, héritier d’une dictature vieille de quarante cinq ans, est un chef d’Etat légitime. Pour la Turquie, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, il n’a plus d’autre rôle à jouer que de négocier les conditions de sa sortie.

Toutes les portes auraient donc dû claquer à Vienne, mais les discussions s’y étaient achevées sur l’annonce d’une nouvelle rencontre qui pourrait avoir lieu dès vendredi, avec la participation d’autres pays arabes, des pays européens, voire même à l’Iran.

Ce n’est pas fait. Cela reste à voir, mais quelque chose s’est bel et bien enclenchée à Vienne, quelque chose d’incertain mais de si tangible que c’est pour cela que les partisans d’un retrait de Bachar al-Assad se concertent ce soir à Paris, à l’initiative de la France.

Cela ne signifie pas que les grandes lignes d’un règlement s’esquisseraient.

On n’en est malheureusement pas là mais cela signifie, en revanche, que la Russie aimerait décidément bien devenir le facilitateur d’une sortie de crise pour deux raisons. La première est qu’elle en sortirait grandie et revenue à la table des grands. La seconde est qu’elle commence à sentir, en Syrie, le vent du boulet parce que les puissances sunnites ont maintenant doté la résistance syrienne d’armes antichars, que l’offensive de l’armée syrienne, soutenue par l’Iran au sol et, des airs, par l’aviation russe, marque le pas, que la résistance ne s’effondre pas et que le dessein de Vladimir Poutine qui était de ne laisser face-à-face que Bachar al-Assad et les jihadistes afin d’amener le monde à faire front avec son allié syrien s’avère plus compliqué que prévu.

Alors la Russie multiplie, depuis une semaine, les ballons d’essai disant, sans vraiment le dire, que la résistance pourrait être associée à des négociations, ce qui n’est plus sa position d’hier. La Russie se fait ambiguë, donc plus ouverte, et c’est pour cela que la France et ses hôtes de ce soir se préparent à parler d’une même voix, lors des prochains rounds.{iframe|daily|420|639|x3b5wpx}

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