Où l'on voit qu'en rouvrant le débat en Europe alors qu'Angela Merkel est paralysée, Emmanuel Macron s'est fait maître du jeu.

C’est trop, pouvait-on se dire. De la Défense aux Universités européennes en passant par la taxe carbone aux frontières de l’Union, le Parquet européen, l’agence pour l’innovation, le budget d’investissements alloué à la zone euro ou la taxe européenne sur les transactions financières destinée au développement de l’Afrique, il y avait tellement de propositions dans ce discours de la Sorbonne qu’on pouvait se demander, mais à tort, s’il n’en faisait pas trop.

C’eut été le cas si Emmanuel Macron avait voulu dicter, hier, un programme aux 26 partenaires de la France mais ce n’est pas ce qu’il a fait. Voilà ce que nous pourrions faire ensemble, leur a-t-il dit. Voilà des idées que nous Français mettons sur la table en espérant qu’elles puissent prendre corps mais c’est à nous tous de décider ce que nous retiendrons, et ajouterons aussi, car l’essentiel est que nous sortions de l’immobilisme, de ce surplace auquel nous ont condamnés tout à la fois le rejet populaire de nouvelles avancées de l’unité européenne décidées au sommet et loin des peuples et la peur, depuis tant d’années, de tout mouvement que les électeurs pourraient rejeter.

Ce n’est pas un ordre de mission que le président de la République a présenté hier aux Etats-membres. C’est un appel à se réveiller qu’il leur a lancé avec le sentiment qu’il était seul à pouvoir se saisir du clairon et en sonner et la conviction, deuxièmement, que l’élection de Donald Trump, le retour de la Russie, l’affirmation de la Chine et le terrorisme djihadiste avaient fini par réconcilier les Européens et l’Europe en leur rappelant la nécessité de s'unir.

Or les faits lui donnent raison sur ces deux points. Ce n’est pas pour rien que le Front national rétropédale sur la sortie de l’euro et que les nouvelles extrêmes-droites patinent, percée allemande ou pas et percée relative au demeurant. C’est parce que les opinions rejettent majoritairement toute idée de sortie de l’Union et le fait est aussi que ce si jeune président occupe désormais une place à nulle autre pareille sur la scène internationale et maintenant européenne.

On l’avait vu la semaine dernière, face à Donald Trump, à la tribune des Nations-Unies et cela s’est confirmé dimanche avec le résultat des législatives allemandes qui a considérablement affaibli Angela Merkel alors qu’Emmanuel Macron, dispose, lui, d’une vraie majorité.

Le président français peut prendre l’initiative en Europe alors que la chancelière ne le peut plus. Personne d’autre que lui ne peut le faire et les propositions qu’il a avancées hier sont si diverses que de mêmes forces, partis ou pays, à gauche ou à droite, pourront approuver les unes aussi chaleureusement qu’elles repousseront les autres avec horreur.

Emmanuel Macron vient d’ouvrir le débat en Europe, de le rouvrir et de se faire ainsi maître du jeu.

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