L’homme était retenu mais le propos tranché. Sans effet de manche ni grand effort oratoire, François Hollande a défini, hier, devant la conférence annuelle des ambassadeurs une politique étrangère faite d’une claire volonté d’aller vers « l’union politique » de l’Europe, d’une très grande fermeté vis-à-vis des régimes iranien et syrien et d’une « ambition pour la Méditerranée ».

« La France, a-t-il dit, est totalement déterminée à agir pour l’Europe et pour préserver l’euro ». Elle répondra donc aux propositions d’union politique qui ont déjà été faites -c’est-à-dire à celles de l’Allemagne- mais, contrairement aux dirigeants allemands, le Président de la République ne souhaite visiblement pas ouvrir de nouveaux chantiers institutionnels ou précipiter l’élection d’un président de l’Union au suffrage universel paneuropéen. A cette hâte tacitement récusée, il oppose un pragmatisme fait de « mécanismes nouveaux accompagnés, à chaque étape, par des avancées démocratiques » et, surtout, d’une gestion commune de la zone euro organisée par des réunions « très régulières » de ses dirigeants et visant à plus « de solidarité, de mutualisation de dettes, d’harmonisation fiscale et de convergence sociale et environnementale ».

Définissons des politiques communes avant d’inventer de nouvelles institutions, a-t-il dit en substance et l’Europe qu’il a esquissée pour les années à venir est celle des cercles concentriques, faite autrement dit de pays souhaitant s’engager plus vite sur des projets communs, puis de la zone euro et de l’ensemble de l’Union enfin. Cette démarche est celle du fédéralisme mais d’un fédéralisme à pas comptés sur lequel un consensus européen pourrait se dégager.

Pour ce qui est de la Syrie, tout est dit d’emblée : « Bachar al-Assad doit partir » et, comme on l’annonçait hier dans cette chronique, le président de la République s’est dit prêt à reconnaître un gouvernement provisoire formé par l’opposition et à travailler à la formation de « zones tampons » en territoire syrien auxquelles – c’et l’idée même si elle n’a pas été explicitée – la France et d’autres puissances pourraient accorder une protection aérienne.

La France s’engage, et très loin pour une autre Syrie. Comme les Etats-Unis, elle prévient le régime en place que « l’emploi d’armes chimiques serait une cause légitime d’intervention directe » et, parallèlement, François Hollande a averti le régime iranien que les sanctions économiques qui le frappent seraient accentuées tant qu’il ne renoncerait pas à se doter de la bombe. Sans un mot de critique ou même de réserve contre les projets d’attaque des sites iraniens par Israël, François Hollande s’est posé hier en plus ferme adversaire de l’axe syro-iranien et en acteur déterminé de la scène proche-orientale.

Et puis enfin, moins précis mais visionnaire, il y eut ce long développement sur la Méditerranée et, derrière elle, l’Afrique noire, sur ce continent en pleine croissance qui comptera, a-t-il souligné, 700 millions de francophones en 2050 et avec lequel tout porte la France à développer des partenariats à tous les échelons et dans tous les domaines. C’est l’évidence mais il n’était pas superflu de le rappeler.

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