Un agenda ne devrait pas faire oublier l’autre. Dans le discours que François Hollande a prononcé, hier, devant les ambassadeurs de France réunis à l’Elysée – un très bon discours, d’ailleurs, car c’était une feuille de route donnée à la diplomatie française et non pas de la littérature sur l’état du monde – il y avait, bien sûr, la Syrie en ouverture mais aussi l’Europe en final.

Sur la Syrie, le président de la République a été clair et définitif. « La France, a-t-il dit, est prête à punir ceux qui ont pris l’effroyable décision de gazer des innocents… J’ai multiplié les consultations avec nos alliés et nos partenaires arabes… Je réunirai demain (ce sera tout à l’heure à 11h30) un conseil de Défense… ». Bref, s’il en était encore besoin, François Hollande a confirmé en quelques phrases qu’il y aurait bien une réaction militaire internationale à l’emploi de gaz chimiques par le régime de Damas et que la France y prendrait sa part mais ce n’était pas tout.

« J’ai décidé d’accroître notre soutien militaire à la Coalition nationale syrienne », a-t-il ajouté et, si les mots ont un sens, cela voulait dire que la France devrait maintenant fournir des missiles sol-air à ceux des insurgés qui ont sa confiance. C’est un nouvel élément. Il sera capital et si François Hollande s’est résolu à cette décision, c’est qu’il considère que « ce n’est qu’avec cette fermeté qu’une solution politique pourra, un jour, prévaloir en Syrie ».

Voilà pour l’actualité la plus chaude – très chaude car cette opération sera menée, au plus tard, en début de semaine prochaine, avant la réunion du G-20 à St-Petersbourg – mais il y avait donc aussi l’Europe sur laquelle François Hollande n’a pas moins été moins clair. « L’Europe sort de la récession », a-t-il affirmé. « Tout ce qui peut relancer l’activité et créer des emplois doit être accéléré et amplifié », a-t-il enchaîné avant d’énoncer les conditions d’une « réorientation » de l’Union.

La première serait, à ses yeux, de « simplifier » les choses en donnant une présidence stable, un gouvernement économique et des règles fiscales et sociales harmonisées, notamment un salaire minimum, à la zone euro.

La deuxième serait d’« avancer » en créant une communauté européenne de l’énergie qui assure l’interconnexion des réseaux, en définissant les technologies numériques dont l’Union a besoin sur son sol et en donnant une « impulsion » à une industrie européenne de Défense permettant de progresser vers l’Europe de la Défense.

Quant à la troisième condition de cette réorientation, la « clarification », elle serait que ceux des pays membres qui « ne veulent pas aller plus loin ou décideraient de se mettre de côté » le disent afin que ceux qui « sont décidés à aller de l’avant » le puissent. François Hollande s’est ainsi prononcé, hier, pour une « Europe différenciée » dont « les rythmes, les contenus et même les règles de décision » seraient distincts de ceux du reste de l’Union.

Il veut aller, autrement dit, vers une union politique au sein de l’Union européenne et sur tous ces sujets, a-t-il conclu, c’est avec l’Allemagne que la France entend agir et reprendre l’initiative.

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