Oui, cette série s’achève aujourd’hui, par un résumé et une conclusion. Elle a d’abord porté sur l’histoire de la construction européenne car il est quasiment impossible de comprendre ce Traité établissant une Constitution sans voir qu’il est le fruit de la bataille originelle, et toujours en cours, entre partisans d’une Europe fédérale et partisans de l’Europe des nations ; sans se remémorer que c’est la France qui avait tué, en 1954, un premier projet d’Europe politique et sans savoir que c’est pour cette raison que l’Union s’est fondée sur un marché commun avant de mettre un demi-siècle, ou presque, à tenter, d’en revenir aujourd’hui, à son ambition initiale. Cette série s’est ensuite attachée à discuter trois des raisons, les principales, avancées par les partisans du « non ». Ces raisons ont été exposées et contestées, non pas du tout méprisées mais, au contraire, prises en compte, avec le souci de leur opposer des contre arguments qui ne sont naturellement pas vérités d’évangile mais qui étaient de bonne foi et fondés sur des faits. Il a ainsi été dit que, non, la règle de l’unanimité ne rendait pas ce Traité inamendable car on n’en serait encore, si c’était le cas, au Traité de Rome et que, même à vingt-cinq, l’Union venait, coup sur coup, de passer du Traité de Nice au texte actuel et d’amender fondamentalement le Pacte de Stabilité. Il a été dit, ensuite, que non, ce Traité n’ouvrait pas « la porte à la tyrannie » comme il l’est tant martelé sur les forums internet mais qu’il faisait, bien au contraire, un acteur essentiel du Parlement européen, premièrement en lui donnant la codécision législative avec cette Chambre des Etats qu’est le Conseil des ministres ; deuxièmement en lui faisant élire le Président de la Commission qui devra être de la même couleur que la majorité de ses députés et, troisièmement, en lui conférant le pouvoir d’accorder, ou non, sa confiance à la Commission et de la censurer. Il a enfin été dit que le principe de la « concurrence libre et non faussée » s’imposait, ipso facto, à un marché commun comme il s’impose à un marché national ; que ce principe ne devait être confondu ni avec la concurrence des nouveaux pays industriels ni avec le libéralisme qui est le refus de toute régulation du marché et que ce projet ne disait pas que l’Union œuvre au développement du laisser-faire mais de « l’économie sociale de marché », c’est-à-dire du modèle de concertation et de protection sociale caractérisant l’Europe et non pas les Etats-Unis. Pour plus détails, toutes ces chroniques se trouvent sur le site d’Inter et, maintenant, la conclusion. Cette argumentation ne tendait pas à délégitimer le « non » car il y a une bonne raison, au moins, de vouloir en mettre un dans l’urne. On peut parfaitement soutenir qu’un « non » français ferait retentir dans toute l’Europe un cri de refus salutaire contre la toute puissance de l’argent dans le monde actuel. Ce n’est pas discutable. Ce cri ferait du bruit mais un cri, c’est bref et la liberté d’un éditorialiste m’autorise à dire qu’il serait infiniment plus efficace de ratifier ce Traité pour pouvoir envoyer à Strasbourg au Parlement européen une majorité à même de prendre les commandes de l’Europe. Ce sera, donc, ma conclusion.

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