Pour la première fois, le candidat républicain à la prochaine présidentielle américaine a enfin détaillé quelle serait la politique étrangère d'un éventuel président Trump.

Ce matin, décortiquons le monde selon Donald Trump...

Tout simplement parce que pour la première fois, le candidat républicain à la prochaine présidentielle américaine a enfin détaillé quelle serait la politique étrangère d'un éventuel président Trump. Commençons nous, les Européens.

Inutile de préciser que Donald Trump ne sait pas égrener les capitales des 3 pays baltes, Tallinn, Riga et Vilnius, histoire de prouver qu'il maitrisait son sujet. Non, pour Donald Trump l'Europe, c'est la Russie et l'OTAN. Et permettez-moi d'ajouter qu'au fond, il n'a pas tort. Vu des Etats-Unis et surtout de la tour Trump, l'Europe n'est ni une puissance politique, ni même une puissance commerciale au sens classique : avec un leader avec qui discuter le bout de gras.

L'Europe, c'est ce que les Etats-Unis y dépensent déjà, c'est-à-dire effectivement l'OTAN. Et une fois de plus, il n'a pas tort lorsqu'il explique que les Européens ne dépensent pas assez pour leur défense. C'est vrai que très peu de pays membres de l'OTAN atteignent le fameux seuil de 2% de la richesse nationale nécessaire pour maintenir une armée moderne, y compris la France d'ailleurs. En clair, pendant des années, tout le monde s'est planqué derrière le parapluie américain et son énorme budget militaire de 600 milliards annuel pour réduire ses dépenses militaires avec en tête : à nous l'économie et le bien-être social, à eux la soldatesque.

Serait donc d'accord avec Donald Trump ? L'Europe doit-elle dépenser plus pour sa défense et soulager les Etats-Unis ? Non, car ce n'est pas parce qu'il a raison au début, qu'il n'a pas tort à la fin. Donald Trump ne veut pas seulement que nous dépensions plus en armement, ce que réclame aussi Barack Obama par ailleurs, il veut redéfinir les missions de l'OTAN : abandonner sa mission traditionnelle de bouclier à l'Est pour se concentrer sur l'Etat islamique et la chasse aux migrants. Le problème, c'est que ces deux dernières années nous ont plutôt appris l'inverse : à savoir que la Russie pouvait être menaçante. Voir même annexer des territoires comme la Crimée et entretenir des conflits à l'ancienne, comme en Ukraine. Si les pays de l'Est se mettent à augmenter leur budgets militaires, c'est pour cette raison-là et pas pour envoyer des bateaux en Mer Egée.

En fait, le monde selon Trump se résume à un slogan, « l'Amérique d'abord »... Et ça aussi, ça pose un problème. D'une part parce que ce slogan, « America First » rappelle de très mauvais souvenir : c'était celui d'un comité très influent, noyauté par des sympathisants nazis et dirigé par Charles Lindbergh. Il y a 75 ans, ce comité militait pour l'isolationnisme, c'est-à-dire la non-intervention des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale. Lindbergh était convaincu que l'Allemagne allait écraser la Grande-Bretagne et qu'intervenir était donc inutile et dangereux. En fait, le monde selon Trump ressemble beaucoup au comité de direction d'une entreprise moyenne : une grande table, des collaborateurs apeurés et lui qui distribue les bons et mauvais points. C'est logique d'ailleurs : c'est le monde qu'il connait. Sa seule expérience sérieuse est d'avoir dirigé une entreprise du BTP. Or, lorsqu'on a qu'un marteau, tous les problèmes sont des clous. Reste que je doute que Vladimir Poutine, Xi Jinping ou même François Hollande se laissent facilement enfoncer.

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