Où l'on voit que ce président n'aura rien fait, ou le contraire, de ce qu'il avait annoncé.

Depuis qu'il est élu, Donald Trump n'a pas mis en place une seule de ses promesses
Depuis qu'il est élu, Donald Trump n'a pas mis en place une seule de ses promesses © AFP / Brendan Smialowski

Il allait tout changer, absolument tout. Avec lui, ce devait être « l’Amérique d’abord », la fin du dumping chinois et la fermeture des frontières aux ressortissants des pays musulmans, un mur à la frontière mexicaine pour barrer la route aux immigrants d’Amérique latine, la grande réconciliation avec Vladimir Poutine, mille milliards d’investissements dans des infrastructure qui en ont effectivement bien besoin et puis, et puis on ne sait plus quoi d’autre mais un grand chambardement qui allait redonner la première place aux Etats-Unis.

Cent jours se seront écoulés demain depuis l’accession de Donald Trump au pouvoir et quoi ? Eh bien rien.

Le fameux mur, on verra plus tard car le Congrès ne veut pas débloquer les crédits qu’il demanderait. Les infrastructures ? Peut-être puisque le monde des affaires y était très favorable mais… Mais plutôt pas car la majorité républicaine, libérale et non pas keynésienne, ne croit pas à la relance par l’investissement public, pas même grâce à des partenariats avec le secteur privé.

La Chine alors ? Non, pas plus, car Donald Trump a réalisé qu’il n’avait pas les moyens de faire plier d’un claquement de doigts la deuxième économie du monde et qu’il avait, de surcroît, besoin du plus peuplé des pays pour tenter de calmer les ardeurs nucléaires de la Corée du Nord.

La Russie, peut-être ? Non, encore moins, puisque Vladimir Poutine n’a pas montré de disponibilité à évoluer sur l’Ukraine et la Syrie, que le FBI enquête sur les liens entre l’équipe de campagne de Donald Trump et l’ambassade russe à Washington et que ce nouveau président qui ne voulait pas réengager l’Amérique sur les champs de bataille étrangers a réagi au nouvel usage d’armes chimiques par Bachar al-Assad en faisant bombarder une base militaire du régime syrien et que cela revenait à infliger un camouflet au Kremlin qui n’en est pas revenu.

Quant à la fermeture des frontières aux ressortissants des pays musulmans même munis de visas, la Justice a dit « non » tandis que le Congrès fermait la porte à l’abandon de la couverture médicale pour tous introduite de haute lutte par Barack Obama. La liste des renoncements et volte-face de Donald Trump donne, en un mot, le vertige car, en trois mois, passant par exemple du dénigrement de l’Union européenne à son éloge, ce président n’a rien fait ou le contraire de ce qu’il avait annoncé durant sa campagne.

Il y a une explication à cela.

Elle est, tout simplement, que le candidat Trump disait tout et n’importe quoi pour séduire et faire connaître sa marque commerciale, son propre nom, qu’il n’imaginait pas du tout être élu et qu’il découvre aujourd’hui, avec un certain pragmatisme d’ailleurs, que rien de ce qu’il avait annoncé et plaisait tant aux extrêmes droites européennes, notamment française, n’avait de sens.

Petit à petit, il devient un président très banalement conservateur dont le grand œuvre pourrait bien être, au bout du compte, une réduction massive des impôts des sociétés et des plus riches, autrement dit des gens de son monde.

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