Et vous trouvez que l'on n’en parle pas assez...

C'est plutôt la différence entre, par exemple, l'intérêt que l'on porte aux Etats-Unis, dont la 1ère ville se trouve à 6 000 kms de nos côtes et notre voisin immédiat. Cette différence de traitement n'est pas nouvelle mais elle continue de m'agacer.

De tous les points de vue, elle est injuste cette différence : passons sur notre histoire commune, de la Renaissance aux Médicis en passant par Mazarin, passons même sur les 3 à 4 millions de Français qui ont au moins un parent ou un grand-parent d'origine italienne.

Mais restons sur le domaine rationnel des chiffres : la parfaite égalité entre nos deux nations. Nous sommes l'un pour l'autre notre 2nd partenaire économique, loin devant les Etats-Unis, avec près de 70Mds€ échangés de part et d'autre.

Et alors que notre déficit avec l'Allemagne ne cesse de se creuser, il s'arrange avec l’Italie qui, je le rappelle, est la 2nde puissance industrielle de la zone euro – pas nous, eux. Ils méritent donc mieux que cette indifférence teintée de condescendance.

Pour être tout à fait juste, leur système électoral est incompréhensible

Ça c'est vrai ! Je vais d'ailleurs essayer de vous le résumer juste pour le « fun » : dans ce nouveau système appelé Rosatellum, du nom du député qui en eu l'heureuse idée, 61% des élus le seront, élus, sur une base proportionnelle.

Encore faut-il que leur parti – et il y en a beaucoup - dépassent les 3% des votants. Rajoutez à cela 37% des députés et sénateurs élus au scrutin majoritaire à un tour et vous obtenez… 98% ! Ah oui, 2% des sièges sont pour les Italiens de l'étranger.

En plus, les sondages sont interdits en Italie 15 jours avant le scrutin du 4 mars. C'est énorme 15 jours et ça signifie que les italianologues de dernière minute sont dans le flou depuis 10 jours ! Ça ne pousse pas au commentaire éclairé.

Vous voulez savoir ce qu'ils disent tout de même ces sondages ? Ils prédisent une claque pour le centre-gauche de Matteo Renzi et donnent une avance assez nette du centre-droit autour de la Ligue du Nord et de Forza Italia, le parti de Berlusconi.

Le retour du Cavaliere, c'est tout de même énorme

Et je peux même me permettre d'ajouter, pas forcément glorieux. Il aura 82 ans en septembre, Silvio et a été 1er ministre pour la 1ère fois en 1994, il y a 24 ans presque jour pour jour. Cette fois, il ne sera pas 1er ministre mais faiseur de rois.

Ce n'est pas l'envie qu'il lui manque, c'est la justice qui l'en empêche. Quant aux petits nouveaux, comme le Mouvement 5 étoiles, rien que d'expliquer qu'il a été fondé par Beppe Grillo, un comique troupier, suffit à désespérer de la politique transalpine.

Et pourtant, les élections à venir, dans quelques jours, doivent être prises au sérieux. L’Italie est le dernier des grands pays à voter qui peut et doit influer sur l'Europe de demain. C'est aussi une pièce essentielle de notre prospérité collective donc de notre avenir.

Enfin, c'est tout simplement, « il bel paese », le plus beau pays du monde... non ?

    

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.