Les mêmes causes produisent les mêmes effets ; la même crise, le même besoin d’Etat. D’Amérique en Europe, les dirigeants politiques affirment la même volonté de reprendre la main face à l’argent et l’on retrouvait ainsi la même défense des petits contre les gros, du travail contre le marché roi, dans les discours prononcés, hier, par Barack Obama et Nicolas Sarkozy. L’un s’adressait au Congrès américain, l’autre aux plus grands patrons du monde réunis, à Davos, pour leur symposium annuel. Le premier était plus précis, chiffres et lois à passer ; l’autre plus général, parlant plus vision globale et nécessité de régulations mondiales que mesures concrètes, mais écoutons. « Nous ne pouvons pas nous permettre, dit le président américain, une soit disant expansion de plus, du genre de celle de la dernière décennie où l’emploi s’est moins développé que durant toutes les périodes de croissance précédentes, où le revenu moyen des foyers américains a décliné et où la prospérité était fondée sur une bulle immobilière et la spéculation financière ». « La finance, le libre-échange, la concurrence sont des moyens, pas des fins en soi, dit le président français. La mondialisation a engendré un monde où tout était donné au capital financier, tout et presque rien au travail ». « Le pire de la tourmente est passé mais les dévastations sont là, dit le premier. Un Américain sur dix ne peut pas trouver de travail. Pour ceux qui connaissaient déjà la pauvreté, la vie est devenue encore plus dure et ceux des Américains pour lesquels le changement se fait attendre ne comprennent pas pourquoi il semble que les mauvaises pratiques de Wall Street sont récompensées alors que le dur travail de tous de l’est pas ». « Ou bien nous changerons, dit le second, ou bien les changements nous seront imposés, par les crises économiques, les crises politiques, les crises sociales. Faisons le choix de l’immobilisme, le système sera balayé et il l’aura mérité ». « Si une chose réunit Démocrates et Républicains, c’est que nous avons tous détesté le sauvetage des banques, dit le premier. Le chômage aurait pu être double si nous n’avions pas empêché la faillite du système financier mais, si les compagnies de Wall Street peuvent, à nouveau, se permettre de distribuer de gros bonus, elles peuvent se permettre de payer un modeste honoraire aux contribuables qui les ont sauvées ». « Le métier des banques, dit le second, n’est pas de spéculer mais de financer le développement de l’économie. Je suis d’accord avec le président Obama quand il juge nécessaire de dissuader les banques de spéculer pour elles-mêmes ou de financer des fonds spéculatifs ». Chez l’un et l’autre, le diagnostic est semblable, les craintes économiques et politiques sont les mêmes. L’ère n’est plus la même, les gouvernements changent d’approche, mais les intérêts des Etats ne sont pas forcément convergents, pas à court terme en tout cas. De nouveaux équilibres se cherchent mais ce n’est qu’un début, plutôt spectaculaire mais encore bien incertain.

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