D’ici au 12 juin, en deux semaines, beaucoup de choses vont se préciser au Proche-Orient. Jeudi prochain, d’abord, Barack Obama prononcera, au Caire, le plus attendu de ses discours, celui dans lequel il devrait non seulement s’adresser à l’ensemble du monde arabo-musulman mais aussi, surtout, proposer son plan de paix pour le Proche-Orient. Rien n’a encore filtré de ce qu’il dira mais, hier encore, sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, répétait que le président américain voulait un arrêt immédiat de la colonisation israélienne des Territoires occupés, non pas seulement le démantèlement des avant-postes illégaux au regard de la loi israélienne elle-même mais un arrêt, point à la ligne, de la colonisation. La pression américaine sur Israël s’accentue. Les Etats-Unis veulent pousser à la création d’un Etat palestinien mais Barack Obama ne devrait pas se contenter, le 4 juin, de redire qu’il en va, à ses yeux, de « l’intérêt national » américain. Il devrait également proposer le grand deal qu’a déjà évoqué le roi Abdallah de Jordanie, la « solution à 57 Etats », la reconnaissance d’Israël par l’ensemble des Etats arabes et musulmans en échange de cette création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec la Jérusalem arabe comme capitale. Nouveau signe de cette nouvelle orientation de la diplomatie américaine, à la veille de son discours du Caire, Barack Obama fera un crochet imprévu, le 3 juin, par l’Arabie saoudite, le pays qui avait avancé l’idée, en 2002, de ce compromis global que la Ligue arabe avait bientôt repris à son compte. Trois jours plus tard, le 7, les Libanais éliront leurs députés et il n’est pas impossible que la coalition formée autour du Hezbollah, le mouvement radical chiite soutenu par l’Iran, sorte vainqueur de ce scrutin. Si tel était le cas, l’Iran en serait renforcé sur la scène proche-orientale. Ce serait un tel revers pour Barack Obama que son vice-président, Joe Biden, était la semaine dernière à Beyrouth pour mettre les Libanais en garde contre ce choix mais, au-delà du choc psychologique que représenterait une victoire du Hezbollah, c'est beaucoup moins dans cette élection libanaise que se joue l’avenir de la région qu'à Téhéran, le 12 juin, vendredi en quinze. Deux candidats réformateurs seront, ce jour-là, en lice contre Mahmoud Ahmadinejad, incarnation des courants les plus durs du régime. C’est un scrutin ouvert car, autant le Guide suprême, l’ayatollah Khamenei, chef de la superstructure religieuse qui coiffe les institutions politiques et homme le plus puissant du pays, soutient le président sortant, autant la masse du clergé ne veut pas de sa réélection, pas plus qu’une part importante des conservateurs qui le jugent trop extrémiste et, surtout, que la jeunesse qui veut le changement. Tout se jouera, ce 12 juin, dans le taux d’abstention. Ou bien les électeurs iraniens considéreront que tout cela est blanc bonnet et bonnet blanc, iront à la pêche, et Mahmoud Ahmadinejad est réélu, ou bien ils se mobiliseront pour lui barrer la route et il n’aura, alors, que peu de chances de remporter le second tour qui lui serait imposé.

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