L’Onu, l’Organisation des Nations Unies, a deux instances politiques. Dans l’une, le Conseil de sécurité, chacun des cinq membres permanents, et la Russie en l’occurrence, dispose d’un droit de veto. Dans l’autre, l’Assemblée générale où siègent les 193 pays membres de l’organisation, il n’y a pas de droit de veto et c’est donc vers elle que l’Ukraine s’était tournée hier pour faire condamner l’annexion de la Crimée par Vladimir Poutine.

Résultat du vote : 100 voix pour la résolution présentée par l’Ukraine, 11 voix contre, celles de pays comme la Syrie, le Zimbabwe, le Venezuela ou la Corée du Nord, et 58 abstentions, dont celle de la Chine qui a ainsi confirmé qu’elle ne soutenait pas la Russie dans cette affaire.

Cela n’aura pas de conséquence pour Moscou car cette condamnation politique et morale n’a pas d’effet pratique mais, la Russie se retrouve très isolée, beaucoup plus qu’elle ne l’avait été lors de la crise géorgienne et presque autant que lors de l’invasion de l’Afghanistan en 1979.

C’est un revers pour Moscou et un point marqué par l’Ukraine et les Occidentaux dont tous les efforts tendent aujourd’hui à dissuader Vladimir Poutine d’annexer ou seulement déstabiliser d’autres territoires de l’Ukraine ou d’autres anciennes Républiques soviétiques où vivent des populations russes ou russophones. Américains et Européens veulent à tout prix éviter qu’on puisse en arriver là parce que la tension militaire deviendrait alors dangereuse et que la rupture de toutes leurs relations économiques avec Moscou deviendrait à tout coup inévitable, créant plus de difficultés à la Russie qu’aux Etats-Unis et à l’Union européenne mais leur en créant, tout de même, de non négligeables.

C’est pour cela que les Occidentaux s’évertuent, jour après jour, à deux choses. Ils ne cessent, d’une part, de marteler qu’ils préparent, au cas où, si Vladimir Poutine se lançait dans de nouvelles aventures, d’autres sanctions économiques que celles qu’ils ont déjà prises contre la Fédération de Russie.

Ils détaillent les secteurs qui seraient touchés dans cette hypothèse, multiplient les gestes d’ostracisme politique vis-à-vis de Moscou, annoncent, comme Washington hier, l’arrêt de toute coopération et exportation militaire dans le cadre des accords existants, se préparent à grand bruit à un arrêt ou même un ralentissement des livraisons de gaz russe à l’Ukraine et organisent, surtout, la réduction de la dépendance énergétique de l’Europe vis-à-vis de la Russie.

Angela Merkel vient de se montrer très claire à cet égard en parlant d’un « nouveau regard sur la politique énergétique » de l’Union et, l’un dans l’autre, les Occidentaux veulent à la fois intimider Vladimir Poutine et suffisamment inquiéter les grandes fortunes russes pour qu’elle fassent pression sur lui.

Et puis, seconde chose, Européens et Américains font tout pour consolider l’Ukraine en lui évitant un chaos économique et politique. Ils lui apportent un soutien financier auquel s’ajoute maintenant un ambitieux plan de sauvetage d’une quinzaine de milliards de dollars du FMI et pressent les dirigeants ukrainiens de ne pas s’entredéchirer avant l’élection présidentielle du 25 mai – de s’interdire tout surenchère afin que leur pays devienne enfin gouvernable.

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