La France devrait et pourrait proposer à la Russie des négociations euro-russes sur un accord de sécurité et de coopération entre l’Union européenne et la Fédération de Russie

Entre les Occidentaux et la Russie, la crise ne fait que commencer. D’ici demain soir, Moscou aura annoncé sa riposte à l’expulsion de quelque cent-vingt de ses diplomates par 27 pays et l’Otan qui entendaient ainsi sanctionner la tentative d’assassinat en Grande-Bretagne, à l’arme chimique, d’un ancien agent russe et de sa fille. Jamais il n’y avait eu de riposte occidentale aussi coordonnée et d’une telle ampleur dans une affaire de ce genre. La Russie rendra, bien sûr, coup pour coup. Peut-être ira-t-elle-même plus loin histoire de montrer qu’elle ne se laisse pas intimider. Cette tension diplomatique monte au moment même où l’on apprend que les Etats-Unis et les mercenaires déployés en Syrie par Moscou ont été à deux doigts, la semaine dernière, d’un nouvel affrontement après celui de février qui avait tout de même fait une centaine de victimes dans les rangs russes. 

La tension n’est pas que diplomatique. Elle est également militaire et si peu contrôlée qu’il est plus que temps de tenter de la réduire. Or la France aurait la capacité de s’y employer puisque l’Histoire longue et le gaullisme ont tissé entre elle et la Russie des liens particuliers et qu’Emmanuel Macron vient de montrer assez de fermeté vis-à-vis de Moscou pour pouvoir aujourd’hui, en même temps, proposer un grand compromis à la Russie. 

Avec Londres et Berlin, le président français a eu raison d’initier ces expulsions de diplomates car il fallait dire à M. Poutine qu’il passait les bornes. Il a organisé, en Crimée, la première annexion territoriale que l’Europe ait connue depuis la fin de la dernière guerre. Il entretient un conflit en Ukraine orientale et ensanglante et enflamme tout le Proche-Orient en prêtant son appui à Bachar al-Assad et à la projection militaire de l’Iran dans toute la région. Sans même parler de sa manipulation de la présidentielle américaine, Vladimir Poutine joue la déstabilisation en tablant sur l’éloignement des Etats-Unis et de l’Union européenne. 

Il était absolument nécessaire de le rappeler à plus de sobriété mais avant qu’on en arrive, par dérapages successifs, à un vrai face-à-face qu’il faut évidemment éviter, la France devrait et pourrait publiquement proposer à la Russie l’ouverture de négociations euro-russes sur un accord de sécurité et de coopération entre les deux piliers du continent que sont l’Union européenne et la Fédération de Russie. 

Si les Occidentaux et l’URSS avaient pu y parvenir avec les Accords d’Helsinki, on ne voit pas pourquoi se serait impossible aujourd’hui. Non seulement ce serait possible mais, avec une telle proposition, la France serait largement suivie dans l’Union et sans doute permettrait-elle aussi à M. Poutine de se sortir de l’impasse où il s’est mis. 

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