C'est avec quatre convictions en tête qu'Emmanuel macron aborde sa tournée africaine

Il n’y a pas de certitude, mais c’est hautement probable. L’Afrique où Emmanuel Macron se trouve depuis hier soir peut bientôt devenir ce que fut l’Asie des années soixante-dix, un continent renaissant, dynamique et tout en muscles. 

L’Afrique est une telle promesse qu’elle fascine l’homme d’affaires qu’est Donald Trump et n’intéresse plus seulement, en Europe, que la France et la Grande-Bretagne mais elle a désormais trop de griefs vis-à-vis du monde extérieur pour se laisser aisément séduire. 

L’Afrique se souvient de la traite et de la colonisation. Comment les aurait-elle oubliées ? L’Afrique commence seulement à sortir des indéboulonnables présidents, incapables et corrompus, que les anciennes puissances coloniales avaient si longtemps soutenus contre les vents du changement. 

L’Afrique ne supporte plus aujourd’hui qu’on ne parle d’elle qu’en termes de menaces, migratoires ou sécuritaires. L’Afrique est une écorchée vive et, parce qu’il en est conscient, parce qu’il connait ce continent pour y avoir vécu et travaillé, par choix, dans ses années d’études, Emmanuel Macron a décidé d’entamer cette tournée qui le mènera successivement au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Ghana anglophone, par une adresse, dans quelques heures, aux étudiants de Ouagadougou. 

Leurs questions ne seront pas forcément aimables. Il n’est pas même garanti que leur accueil soit très chaleureux, mais le président français veut ainsi crever l’abcès, dépasser le passé, montrer qu’en Afrique, c’est avant tout à la jeunesse qu’il s’intéresse, sur elle qu’il table et avec elle qu’il entend construire l’avenir et renouer des liens que la France a laissé se relâcher en réduisant sa présence culturelle et linguistique. 

A ces étudiants, il parlera moins d’aide au développement que de diplômes communs et de parcours universitaires croisés, d’entrepreneuriat et de sport, de nouvelles technologies et d’énergies renouvelables. Conseillé par un panel d’intellectuels et d’hommes d’affaires très souvent franco-africains, c’est en homme d’un nouveau siècle qu’il s’adressera à une nouvelle Afrique, avec quatre convictions en tête. 

La première est que, oui, l’Afrique peut passer d’un coup plusieurs vitesses. La deuxième est que la France doit désormais penser à l’Afrique comme à un tout et non plus seulement à l’Afrique francophone. La troisième est qu’à Paris, l’Afrique ne doit plus être cantonnée à un ministère mais devenir l’affaire de tous les ministères. 

Quant à la quatrième conviction africaine d’Emmanuel Macron, elle est que si l’Europe peut développer une vision stratégique commune et se projeter dans l’avenir au-delà des frontières de l’Union, c’est en Afrique qu’elle peut et devrait le faire. A Abidjan, c’est ce qu’il dira devant le sommet Europe-Afrique.

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