La science-fiction en avait rêvé, quelqu’un l’a fait. Ce robot qui s’emparerait des commandes d’un pays ou d’un monde ennemi pour le neutraliser existe, désormais, et frappe l’Iran contre lequel « a été lancée, vient de déclarer l’un de ses dirigeants, une guerre électronique ». Cette arme, car c’en est une, est un virus ou ver informatique nommé Stuxnet, un « maliciel » – pour logiciel malveillant – dont la sophistication stupéfait les plus grands spécialistes car il est bourré, disent-ils de programmes et de codes, utilise des vulnérabilités qui n’avaient jamais été détectées et aurait demandé, pour son développement, de longs mois de travail d'équipes entières. Habituellement, ce genre de virus contre lesquels sont régulièrement diffusés des avis d’alerte mondiale très proftables aux entreprises de sécurité informatique relèvent de la simple criminalité. Ils sont destinés à voler des fichiers revendus au prix fort, à espionner un concurrent industriel, à vider des comptes bancaires ou faire chanter des individus ou des sociétés mais là, non, c’est autre chose. Stuxnet a été spécifiquement mis au point pour infecter un programme, conçu par Siemens, dont la fonction est de contrôler des oléoducs, des plates-formes pétrolières ou des centrales électriques. Ce virus est ainsi destiné à modifier la gestion d’activités industrielles essentielles et, éventuellement, à entraîner la destruction des installations touchées. Il s’attaque à ce nerf de la guerre qu’est l’énergie, eau, pétrole, électricité. Il peut dérégler les systèmes de refroidissement d’une centrale nucléaire et toute la question est de savoir s’il a déjà compromis, ou non, la très prochaine mise en service de la centrale iranienne de Bouchehr. Ce n’est pas le cas, affirment les responsables iraniens qui reconnaissent, cependant, que les ordinateurs personnels d’employés de cette centrale ont été touchés ainsi que 30 000 autres dans le pays mais sans que l’on sache dans quels secteurs. Evidemment contrôlées, les informations données par l’Iran sont totalement contradictoires puisqu’elles s’attachent, à la fois, à dénoncer la gravité de cette attaque et à en minimiser les conséquences. Il se passe quelque chose, quelque chose de sérieux, mais quoi exactement, on ne sait pas et la seule certitude, disent les informaticiens d’Iran et de tous les continents, est que ce maliciel n’a pas pu être développé par l’un de ces petits génies qui s’enorgueillissent régulièrement d’avoir pénétré les ordinateurs les plus secrets de grands pays. « C’est du jamais vu, dit un spécialiste de la protection informatique interrogé par l’Agence France Presse, pas du tout le travail d’un petit hacker et l’on est même largement, ajoute-t-il, au dessus d’un classique gang de cybercriminels ». Interrogés par la BBC, d’autres experts occidentaux estiment que seul un Etat aurait pu créer une telle machine de guerre mais lequel ? Les Etats-Unis ? La Russie ? Israël ? Ceux qui savent ne le disent pas mais tout laisse comprendre qu’une nouvelle arme, non-violente, est testée contre le programme nucléaire iranien – le maliciel.

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