Devant l’assemblée générale de Nations Unies, Vladimir Poutine va donc parler aujourd’hui de la Syrie. C’est une bonne chose car toute nouvelle proposition visant à l’arrêt de cette «épouvantable boucherie est, par définition, bienvenue. Vladimir Poutine doit s’entretenir ensuite avec Barack Obama est c’est une encore meilleure chose car il y a deux ans qu’ils ne s’étaient pas parlés, mais sur quoi tout cela peut-il déboucher ?

Lorsqu’on pose la question aux familiers du Kremlin, leur première réponse, immédiate, est de vous dire qu’on aurait tort d’en attendre trop, ou trop vite en tout cas. - Mais comment ! Un tel sommet qui ne déboucherait sur rien ?!! Qui apparaîtrait alors comme un échec ? - Oh… Ecoutez ! Les aviations russe et américaine vont intervenir dans le même espace. Il faut éviter tout incident, qu’il y ait une coordination entre nos deux pays qui vont lutter là contre un même ennemi. Ce sera un bon début et, ensuite… On verra ».

Ce « on verra » dit tout car ce qui frappe le plus, à Moscou, est l’extrême prudence avec laquelle les milieux dirigeants abordent cette nouvelle phase de la crise syrienne. Ils ne savent pas, et le disent, s’il sera possible de recoller les morceaux de ce pays éclaté et d’en restaurer les frontières internationales. Ils ignorent tout autant qu’elles sont les forces syriennes qui pourraient s’entendre, le jour venu, lorsque les jihadistes auront été vraiment contenus, sur une formule de transition permettant un retour à la paix. Ils ne savent pas même, et cela les inquiète énormément, comment la Russie devrait réagir si l’un de ses homme tombait aux mains de Daesh et que s’ensuivait la mise en scène d’un supplice.

Bon… Il y a beaucoup de sagesse dans cette absence de certitudes mais question - la question - la Russie va-t-elle tenter de sauver à tout prix Bachar al-Assad ou seulement d’éviter l’écroulement de son Etat ? Là, les réponses deviennent plus évasives car cela ne se dit pas à l’avance (« On verra », n’est-ce pas ?) mais un élément de réponse est net « Vladimir Poutine, dit un homme qui le connaît bien, ne croit guère aux gouvernements de coalition car, s’ils marchent mal dans les plus tranquilles des pays, on voit mal comment ils marcheraient mieux dans la dévastation syrienne ».

C’est pas à pas que devrait donc se définir la politique russe.

C’est, du moins, ce qu’on croit comprendre à Moscou mais ce qui est, en revanche, sûr est que Vladimir Poutine veut s’engager à fond en Syrie et s’y affirmer en acteur essentiel d’un règlement de paix. Il le veut parce qu’il craint les répercussions qu’une éventuelle victoire de Daesh aurait dans le Caucase russe. Il le veut surtout parce qu’il voit le désarroi des Occidentaux devant cette crise et l’occasion qu’elle offre à la Russie de revenir dans le jeu international en position de force au moment où les ratés de son économie deviennent plus que sérieuse et où le Kremlin devra bien finir, aussi, par trouver un moyen de sortir la tête haute du guêpier ukrainien.

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