Où Donald Trump trouvera-t-il ses voix ?

Donald Trump à Manchester dans le New Hampshire le 25 août 2016
Donald Trump à Manchester dans le New Hampshire le 25 août 2016 © Getty / Darren McCollester

C’était sa grande promesse, celle qui l’avait propulsé sur le devant de la scène en séduisant les électeurs les plus à droite. C’était sa marque de fabrique mais bien malin qui saurait aujourd’hui si Donald Trump entendrait toujours expulser, une fois élu, les onze millions d’immigrés clandestins que comptent les Etats-Unis

On ne sait pas. On ne sait plus car, plus approche le 8 novembre, le jour du scrutin, plus le candidat républicain paraît flotter entre des exigences contradictoires. Son parti le presse de modérer le ton et de cesser d’insulter la terre entière. Les sondages lui sont si défavorables et les caciques républicains tellement hostiles qu’il a écarté les plus droitiers de ses conseillers au profit de nouveaux venus plus modérés.

Tiens, tiens, un nouveau Trump, se sont alors dit beaucoup d’Américains tandis que sa nouvelle équipe murmurait à l’oreille des journalistes que voilà, normal, après avoir rassemblé son camp durant les primaires, le candidat aux primaires devenu candidat à la Maison-Blanche s’ouvrait au centre.

Oui. Bon… C’est en effet classique sauf que les outrances de cet homme avaient séduit un électorat qui ne se sent pas représenté par le monde politique et que ces électeurs-là n’apprécient pas, mais alors pas du tout, que leur héros lise désormais des discours un peu plus prudemment rédigés au lieu d’improviser en allumant des incendies.

Ils sont déçus. Ça se sent. Trump perd de son pouvoir d’attrait à l’extrême-droite sans gagner une seule voix au centre qui ne veut pas entendre parler de lui. A ce rythme, c’est immanquablement que les Républicains perdront la présidentielle alors qu’après deux mandats démocrates, ceux d’Obama, ils auraient dû revenir à la Maison-Blanche sans difficultés aucune. Favorable à Trump ou révulsée par lui, la droite américaine ne sait plus à quel saint se vouer et, pour ce qui est des onze millions de sans papiers, des latino-américains, on ne sait plus ce qu’il voudrait faire.

On peut en conclure qu'il ne veut plus les expulser mais, depuis qu’il a semblé faire machine arrière sur cette promesse, la colère de ses partisans est telle que non, on ne sait plus. C’est un peu comme si Marine Le Pen renonçait à vouloir sortir de l’Union ou Nicolas Sarkozy à lutter contre le Burkini. Ca fait inconséquent, toujours des promesses, comme les autres, et voilà donc les conseillers de Donald Trump qui se contorsionnent sur les plateaux de télévision en assurant qu’il agira « humainement » mais agira.

Le mur à la frontière mexicaine ? Oui, ça oui. Les enfants de clandestins nés sur le sol américain et donc Américains ? Ah…Compliqué. La force d’expulsion que Trump voulait créer ? Ecoutez ! Il n’en a plus reparlé depuis novembre, s’indigne sa directrice de campagne. Une seule chose est sûre : ni les Noirs, ni les Hispaniques ni les Blancs les plus éduqués ne veulent de Trump. Il lui faut bien trouver des voix pour se faire élire mais… Mais où les trouver ?

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