Où l'on voit qu'Emmanuel Macron a su relancer des discussions internationales sur le conflit syrien

Ce sera la grande surprise de son discours. Lorsqu’il exposera aujourd’hui, devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, les lignes directrices de sa politique étrangère, Emmanuel Macron annoncera l’ouverture de nouvelles négociations sur la Syrie.

Il y travaillait depuis le début de l’été. Il souhaitait que toutes les puissances intéressées à ce conflit se retrouvent autour d’une même table au lieu de mener des discussions séparées qui, forcément, ne mènent à rien. Il fallait convaincre les Russes et les Américains, les Turcs et les Saoudiens, bien d’autres encore. La plus délicat était de trouver le moyen d’associer l’Iran à cette initiative alors que l’équipe Trump ne veut pas entendre parler de pourparlers avec les Iraniens, mais c’est maintenant fait.

Sauf difficulté de dernière minute, ce groupe de contact sur la Syrie se réunira en marge de l’Assemblée générale de l’Onu qui s’ouvre dans deux semaines. Avec l’assentiment tacite de la Maison-Blanche, la diplomatie française assurera, de l’extérieur, la liaison avec Téhéran de sorte que les Iraniens participent aux discussions sans que les Américains ne refusent d’y prendre part.

Alors non, ce n’est pour autant pas la paix pour demain.

Il est même bien trop tôt pour parler d’un véritable espoir mais une tentative de relance des négociations vaut évidemment mieux que le point mort politique et diplomatique où en était cette guerre qui ne s’achève pas et il y a trois raisons pour lesquelles la France a pu ouvrir cette porte.

Emmanuel Macron a noué des relations de confiance, carrées mais claires, avec Donald Trump et Vladimir Poutine. Les Etats-Unis n’avaient aucune idée de ce qu’ils pouvaient ou même voulaient faire en Syrie et ni les Russes ni les Iraniens n’ont les moyens de rétablir par la seule force leur allié Bachar al-Assad dans la plénitude de ses pouvoirs perdus. Quand la guerre ne parvient pas à imposer la victoire d’un camp, la diplomatie reprend, autrement dit, ses droits.

Pour le reste, Emmanuel Macron dira tout à l’heure aux ambassadeurs qu’en le portant au pouvoir, les Français ont approuvé sa volonté de relancer l’unité de l’Europe. L’Union européenne, le resserrement de ses rangs, l’harmonisation des économies de la zone euro, ses futurs investissements dans les industries d’avenir et les premiers pas de sa Défense commune constitueront ainsi le deuxième axe d’un discours qui ne passera pas en revue toutes les crises internationales mais affirmera les deux autres priorités du nouveau président.

L’une est la défense de ce qu’il appellera les « biens communs » : la planète, l’environnement, les idéaux des Lumières et la liberté. L’autre sera la défense des intérêts de la France, économiques, politiques mais aussi culturels et linguistiques.

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