Aujourd’hui, c’est la situation en Suède qui a retenu votre attention… Oui, en Suède où – pour résumer – une grande coalition entre les socio-démocrates, les verts et le centre-droit vient d’être conclue qui permettra d’éviter des élections législatives très très anticipées.Les Suédois ont en effet voté en septembre dernier et ont désigné 2 vainqueurs : D’une part les socio-démocrates et d’autre part l’extrême droite, les Démocrates suédois, qui ont obtenu leur meilleur score dans des élections nationales avec 13%.Le problème est que les socio-démocrates ont certes remporté les élections mais avec un score si médiocre que même en s’alliant avec les Verts, ils n’avaient pas de majorité au Parlement.Ce qui devait arriver, arriva : il ont été renversés début décembre et donc contraints d’appeler à des élections législatives anticipées ou de trouver une majorité alternative en ralliant une partie de la droite. C’est donc la seconde solution qui a prévalu… Pour deux raisons : d’abord, la Suède est un océan de tranquillité politique : il n’y plus eu d’élections anticipées depuis 1958… Visiblement, le Premier ministre STEFAN LEVVEÏN ne voulait pas être celui par lequel l’instabilité arrive.Mais la vraie raison c’est l’extrême droite locale. Les sondages les donnent en effet très hauts en ce moment. Beaucoup trop hauts. La seule solution était donc de trouver des allés et surtout de conclure un programme économique stable.STEFAN LEVVEÏN a obtenu exactement ça. D’abord un accord sur le long terme : jusqu’en 2022, c’est-à-dire 2 législatures. On fixe un cap. Ensuite, un accord transparent : il est détaillé et sera publié.Enfin, un nom qui claque, le pacte de décembre, pour l’aspect marketing. Mais la vraie idée, c’est d’étouffer l’extrême droite. Ne lui laisser qu’un rôle incantatoire, vociférant qui finira bien par fatiguer les électeurs.C’est un calcul risqué… Très risqué même. Parce que ce « pacte de décembre » cantonne le débat public à l’ingénierie économique et sociale : faire baisser le chômage, des mesures pour les entreprises, des mesures d’efficacité environnementale. Mais il laisse en dehors les questions identitaires qui taraudent beaucoup de Suédois. La Suède accueille, en proportion, 5 fois plus de réfugiés que la France. Une politique de principes, très généreuse, mais qui a été peu débattue.Le pari du gouvernement, c’est que ces tensions finiront par se calmer avec le temps et la reprise économique. Autrement dit STEFAN LEVVEÏN fait le pari de la générosité des Suédois contre le replis sur soi. C’est ça qui est risqué.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.