Cristina Kirchner mise en examen, le ministre de l'Economie Prat-Gay viré : mais que se passe-t-il en Argentine ?

Le drame, la jalousie, l'amour déçu... Il se passe l'Amérique latine en un pays résumé. Reprenons le fil des événements : L'ex-présidente Kirchner, encore au pouvoir il y a un an, vient donc vient d'être mise en examen pour corruption. En fait, c'est tout son entourage qui se retrouve devant les tribunaux, avec des détails croustillants, comme ce ministre surpris à lancer des valises remplies de dollars par-dessus le mur d'enceinte d'un couvent. Par ailleurs, le beau gosse, riche et bien né de la politique argentine, le ministre de l'Economie Alfonso Prat-Gay, vient de se faire limoger. On lui reproche des promesses de prospérité non tenues mais surtout un ego sidéral.

Alors rien ne va plus en Argentine ? D'un côté, effectivement, rien de judiciaire n'est épargné à l'ancienne présidente populiste Cristina Kirchner, qui a eu le malheur de de ne pas avoir réussi à imposer un successeur bienveillant à son égard. De l'autre, le président élu et son équipe de Golden Boys n'ont pas réussi à remettre sur pied l'économie argentine. Ils avaient promis des investissements étrangers, une inflation terrassée et une croissance asiatique. Les étrangers ont encaissé des milliards de dollars en retard de paiement de la dette argentine, mais ne sont jamais revenus. L'inflation, elle, flirte avec les 40% annuel et le pays est en récession sévère. Ajoutez à cela le chômage qui augmente, et le tableau est complet. Ou presque : parce que la seule vraie réussite économique du président Macri, c'est d'avoir éliminé les quatre ou cinq taux de change officieux et officiels de l'époque précédente.

Mais ça, c'est une réussite qui ne profite qu'aux riches ! Finies les tracasseries à l'heure de sortir du pays – pour ceux qui voyagent, c'est-à-dire les riches. Le peso a, du coup, perdu 40% de sa valeur, mais quelle importance pour l'élite argentine qui, de toutes façons, à des comptes en dollars. Bref, un an de pouvoir Macri = un an d'augmentation des factures du quotidien : eau, gaz, électricité. Une année dure pour les Argentins du commun qui, en plus, ont dû assister, médusés, à la mise en place d'une amnistie fiscale très généreuse. Cent milliards de dollars ont retrouvé la lumière du fisc argentin mais cent milliards qui n'auront aucun compte à rendre. Or cent milliards de dollars, c'est une somme gigantesque pour l'Argentine. Ca montre l'étendue de la fraude, et de la corruption.

Alors on imagine que le président Macri doit être très impopulaire ? Et bien, non. C'est même l'inverse : les enquêtes montrent qu'il reste plutôt populaire. Le kirchnerisme avait tellement hystérisé la vie politique que l'apaisement façon Macri rassure, et lui vaut une certaine reconnaissance des Argentins. Autrement dit, malgré l'échec économique, malgré le ministre démissionné, malgré le chômage qui augmente, les Argentins savent gré à leur président actuel de ne pas prendre en otage leur quotidien, et lui accordent encore le bénéfice du doute.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.