Boston ne sera donc pas ville candidate pour les Jeux olympiques de 2024...

C'est une claque pour le Comité international olympique ! Une de plus, et ce, quelques jours – ce sera vendredi – avant l'annonce de la ville lauréate des JO d'hiver de 2022. La séquence est désastreuse en ce moment pour le mouvement olympique.

D'abord, il y a eu la semaine dernière l'annulation pure et simple par le Premier ministre japonais du magnifique stade imaginé pour Tokyo 2020 par la starchitecte Zaha Hadid : une sorte de coléoptère à 2Mds$ tout de même : trop cher, il faut tout refaire.

Ensuite, il y a l'avancée des travaux de Rio 2016 : seuls 10% des 56 infrastructures prévues sont achevées. A la même époque, Londres en avait terminé 80%. Le pire c'est qu'à force de retard, la facture ne cesse de s'alourdir : on en est déjà à plus de 13Mds$.

Or l'économie brésilienne est en plein ralentissement. Autre claque : la nouvelle maire de gauche de Barcelone a retiré sèchement la candidature de sa ville au JO d'hiver de 2026. Trop cher, trop aléatoire pour une ville en crise. Et maintenant Boston.

Relance : pourquoi Boston a-t-elle retiré sa candidature ?

Officiellement, c'est parce que le maire ne voulait pas engager si vite l'argent du contribuable. En fait, c'est tout bêtement parce que le comité olympique local n'a jamais réussi à convaincre les Bostoniens de l'intérêt d'organiser les jeux chez eux.

Sondage après sondage, jamais la candidature de Boston n'a recueilli auprès de la population plus de 50% de soutien. De plus, les opposants à la candidature ont été très actifs, notamment sur les réseaux sociaux.

Leurs arguments ont été très efficaces : la ville a besoin de transports, d'écoles, d'hôpitaux mais pas d'un mois d'Etat de siège à plusieurs milliards de $, avec des soldats partout et des Bostoniens nulle part. Boston n'a rien à prouver au monde et à soi-même.

Relance : le malheur de Boston fait le bonheur de Paris, non ?

A court terme oui : c'est un de chute. Mais, pour tout dire le vrai concurrent de Paris, c'est plutôt Hambourg. Eh puis le Comité international olympique ne compte pas vraiment comme ça : il tenait absolument à une candidature américaine.

D'abord parce quelques uns des plus gros sponsors du CIO sont américains. Or les Mc Donald, Procter & Gamble et Visa voudraient bien que les JO d'été reviennent au pays, près de leur clients. La dernière fois c'était il y a 20 ans à Atlanta.

Ensuite, qu'Oslo ou Cracovie renoncent à organiser les JO de 2024, passe encore. Ce sont des villes de seconde catégorie. Des outsiders, on va dire. Mais qu'une grande ville américaine renonce par manque d'enthousiasme, c'est beaucoup plus gênant.

D'autant que les critiques ne vont pas s'arrêter là : vendredi le CIO annoncera donc la ville lauréate des JO d'hiver 2022. Or le choix se fera entre Pékin et Almaty, la capitale kazakhe.

Deux villes bien sûr respectables, mais qui sont aussi les capitales de pays qui sont loin d'être des modèles en terme de Droits de l'Homme. Le défection de Boston est donc une très mauvaise nouvelle pour le mouvement olympique avant d'en être une bonne pour Paris.

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