L'or presque atteint 2000$ l'once mardi. Un record et une inquiétude : la hausse de l'or n'est pas forcément une bonne nouvelle.

L'or a donc atteint un nouveau record hier à 1981$ l'once et c'est la 2nde fois en une semaine que l'once d'or bat un vieux record qui date de 2011 ! En clair, on n'est pas loin d'un seuil symbolique et d'un record absolu, les 2 000$ l'once. Depuis mars, le métal jaune a même connu une hausse vertigineuse de 30%.

Les économistes expliquent très bien cette nouvelle fièvre de l'or en commençant par énoncer cette axiome : si l'or grimpe, c'est que la peur s'installe dans l'économie mondiale. Et plus précisément, ils distinguent 5 facteurs d'emballement sur l'or :  

1/ la pandémie et d'éventuels re-confinements à venir. 2/ les plans de relance faramineux qui disent bien l'Etat de l'économie 3/ les banques centrales qui font marcher la planche à billets comme jamais 4/ les taux d'intérêts au plus bas.

Le dollar trop faible

La 5e explication, c'est la faiblesse actuelle du dollar face à l'euro et au yen alors même qu'investir en bons du trésor américain ne rapporte quasiment rien : 0,5% sur 10 ans, alors que l'inflation se situe entre 1 et 1,5%.

Or le dollar reste la monnaie de placement de crise par excellence. En clair, le dollar et la dette américaine, ça eut payé, mais ça ne paie plus. D'où la tentation de se réfugier vers l'or qui, lui, n'a jamais démérité : jusqu'à 9% par an ces 50 dernières années.

Et comme tout est géopolitique, y compris l'or et sa répartition mondiale, on voit bien en filigrane que la pâleur actuelle du dollar et la hausse conjointe de l'or est analysée comme un affaiblissement persistant des Etats-Unis et de leur primauté mondiale.

bientôt 2300$ l'once, voire 3000$ ?

Les experts penchent pour un once à 2 300 $ dans les 12 mois et Bank of America parie même sur 3 000 $ dans les 18 mois. Et pour plusieurs raisons géopolitiques majeures : d'abord la guerre commerciale entre Etats-Unis et Chine.

Une de ses traductions pourrait être une mauvaise volonté chinoise à acheter de la dette américaine. Or c'est la Chine qui soutient le marché de la dette étasunienne. Si elle en achète moins, le dollar baisse et, on l'a compris, lorsqu'il baisse l'or en profite.

Il y a aussi des achats de précautions de la part de Banque centrale en délicatesse. C'est le cas de la Turquie 1er acheteur mondial de métal jaune : 148 tonnes d'or entre janvier et mai. Une sorte d'assurance-vie pour un pays en crise qui s'entend au pire pour l'avenir.

Les gagnants de cette ruée vers l'or ?

Il y a la Chine, 1er producteur mondial mais dont la production est entièrement consommée par sa demande intérieure, les Chinois raffolent du métal jaune, et celle de sa banque centrale.

Il y a l'Inde qui en produit très peu mais en achète énormément. les Indiens ont un rapport culturel millénaire à l'or. Ou plutôt les Indiennes parce qu'en Inde, l'or est une affaire de femmes, de bijoux et de dots. Les Indiennes s'enrichissent en ce moment.

Plus marginalement, le Pérou tire son épingle du jeu : il est le 7e producteur mondial et exporte presque entièrement sa production. Le pays en a bien besoin qui est un des plus touchés en Amérique latine par le Covid19 et la crise économique qui en découle.

Mais incontestablement, le pays qui en profite le plus en ce moment c'est la Russie. Pour la 1ère fois depuis 30 ans, les recettes d'exportation d'or de la Russie ont dépassé celles du gaz ! C'est si lucratif que la Banque centrale russe a cessé d'en thésauriser pour mieux tout exporter. Les ambitions globales de Vladimir Poutine se paient à prix d'or !

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