C’était Obama à son meilleur, clair, éloquent et porté par son constant désir de convaincre et rassembler autour des valeurs d’humanisme et de démocratie qui sont les siennes. Accusé, sur sa scène intérieure comme dans les capitales alliées, d’avoir une politique étrangère hésitante et floue et de trop hésiter à recourir à la force pour défendre les intérêts occidentaux, il était venu s’expliquer, hier, à l’Académie militaire de West Point, présenter sa vision du monde et du rôle que doivent y jouer les Etats-Unis.

L’Amérique, a-t-il dit, a rarement été aussi forte, de ses moyens militaires, du dynamisme de son économie et de son indépendance énergétique croissante. C’est toujours vers elle que les cinq continents se tournent pour chercher aide et protection et la question n’est donc pas de savoir si l’Amérique conduira le monde dans ce nouveau siècle mais « comment elle le fera ».

Ayant campé la scène, Barack Obama a alors également rejeté l’isolationnisme qui grandit aujourd’hui aux Etats-Unis après une décennie de guerres extérieures et l’interventionnisme de ceux des Américains qui voudraient tout résoudre par la force. « L’isolationnisme n’est pas une option pour les Etats-Unis (mais) cela ne veut pas dire que chaque problème ait une solution militaire (car) ce n’est parce que nous avons le meilleur marteau que tout problème est un clou », a-t-il poursuivi avant de développer les quatre axes de sa politique de sécurité nationale.

Le premier est que les Etats-Unis utiliseront la force, fut-ce unilatéralement, à chaque fois que leurs intérêts vitaux ou ceux de leurs alliés seront directement menacés. Le deuxième est que la menace la plus directe demeure pour eux le terrorisme mais qu’il s’est aujourd’hui décentralisé, enraciné dans des crises locales, et que les Etats-Unis ont besoin, pour y faire face, de partenaires nationaux et régionaux auxquels ils vont proposer 5 milliards de dollars pour financer un effort qui ne peut plus être qu’international.

Le troisième axe de cette politique de sécurité présentée par Barack Obama est que le multilatéralisme et la mobilisation des institutions internationales et des opinions publiques doivent être les premiers instruments de la diplomatie américaine. Ils peuvent l’être avec succès, a-t-il affirmé en donnant comme exemple l’Iran, finalement amené à la table des négociations, et la Russie, contrainte de laisser s’organiser la présidentielle ukrainienne par les sanctions économiques et la dénonciation de ses agissements.

Quant au quatrième axe développé par Barack Obama, il est que « l’influence américaine est toujours plus forte quand elle s’exerce par l’exemple », autrement dit que les Etats-Unis doivent eux-mêmes respecter les règles dont ils se réclament – qu’il s’agisse de Guantanamo, du respecte de l’environnement ou de la collecte de renseignements.

C’était équilibré, juste et convaincant, sauf sur la Syrie car frapper les installations militaires de ce régime après son recours aux armes chimiques n’eut pas été ouvrir une nouvelle guerre mais rééquilibrer un rapport de forces et obliger Bachar al-Assad au compromis dont le dispense sa totale impunité.

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