Vous êtes chef d’Etat. Vous mentez. Les preuves de ce mensonge commencent à se multiplier. Que faites-vous ? Eh bien, demandez à Vladimir Poutine : il a trouvé la solution.

Il y a plus d’un an maintenant que ses porte-parole martèlent que, non, jamais au grand jamais, la Russie n’a envoyé de soldats en Ukraine. Ah… Non, enfin si, en Crimée oui mais la Crimée ayant toujours été russe bien qu’elle ne l’ait plus été depuis six décennies, non, pas de soldats russes en Ukraine.

Personne n’y croyait sauf ceux qui voulaient y croire car ils voient en Vladimir Poutine un grand défenseur d’on ne sait quelles valeurs, démocratiques sans doute, mais le fait est qu’il n’y avait pas de preuves à opposer à cet évident déni de réalité jusqu’au 17 mai dernier. Ce jour-là, les autorités ukrainiennes annoncent avoir arrêté la veille deux Russes blessés lors de combats dans les provinces orientales sécessionnistes et qui ont reconnu, disent-elles, être des soldats en mission.

Le lendemain même, le ministère russe de la Défense dément catégoriquement en expliquant que ces hommes « ne faisaient plus partie des forces armées russes au moment de leur capture » et laissant entendre qu’ils pourraient avoir été torturés pour les amener à confirmer les allégations ukrainiennes. Tout est possible puisqu’il est vrai que la torture se répand de tous les côtés dans cette guerre mais le problème est que ces hommes ont ensuite confirmé les dires ukrainiens.

Ils l’ont d’abord fait à un journal russe puis, beaucoup plus ennuyeux encore, à des enquêteurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, la très neutre et très prudente OSCE qui tente de s’imposer en médiateur dans cette crise. Oui, là, c’était d’autant plus embarrassant pour le Kremlin que des militants de l’opposition russe commencent maintenant à signaler des tombes de soldats russes tombés en Ukraine.

Il y avait problème. Il y fallait une solution et celle de Vladimir Poutine est des plus simples. Il vient de signer, hier, un décret classant comme secret d’Etat les pertes de l’armée russe lors « d’opérations spéciales » en temps de paix. Les « opérations spéciales » n’ayant pas de définition juridique, cela peut s’appliquer à ce que souhaite le Kremlin et, notamment bien sûr, à une intervention armée, en effet très spéciale, dans ce pays souverain qu’est l’Ukraine.

Après la quasi interdiction des ONG russes, les libertés ne cessent ainsi de progresser à Moscou où Mme Le Pen s’est rendue, mardi, pour s’y entretenir de la situation internationale et, notamment de l’Ukraine, avec le président de la Douma, l’Assemblée nationale russe. Elle a démenti à cette occasion chercher à obtenir de nouveaux prêts de la Russie.

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