La campagne qui s’ouvre opposera les partisans du maintien dans l’euro aux partis, Ligue et 5 Etoiles, qui continueront de dénoncer un déni de démocratie

Clarifions les choses. Théoriquement, l’Italie va vers de nouvelles élections au début de l’automne. Elle y va puisque Carlo Cottarelli, l’homme que le président de la République italienne a chargé hier de former le gouvernement n’a aucune chance d’obtenir la confiance du Parlement et que sa seule fonction sera donc de préparer ce scrutin mais, aussi vrai que cela soit, ce n’est là que l’apparence. 

         C’est en réalité vers un référendum sur son appartenance à l’euro que va l’Italie, un référendum que son président, Sergio Mattarella, a voulu organiser en mettant son veto, dimanche, à l’attribution du ministère des Finances à un adversaire déclaré du maintien de l’Italie dans la monnaie unique.  

         C’est si vrai que Sergio Mattarella n’a nullement caché sa volonté d’appeler les Italiens à s’exprimer sur cette question puisqu’il disait hier, dans une allocution télévisée, que « l’adhésion à l’euro était un choix fondamental et que si nous voulions en discuter, alors nous devrions le faire de façon sérieuse ». 

         Or le fait est que ce débat n’a pas même été ouvert puisque le Mouvement 5 Etoiles n’est devenu le premier parti d’Italie aux élections de mars qu’en mettant sous le boisseau son projet de référendum sur l’euro et que la Ligue, le parti d’extrême-droite avec lequel il comptait gouverner, avait accepté que le retrait de la zone euro ne figure pas dans le programme commun de la coalition que ces deux partis avaient formée. 

         C’est, dans ces conditions, en contrebande, sans débat aucun, que cette coalition faisait revenir la question de l’euro en voulant placer aux Finances un homme qui dénonce la monnaie unique comme « une prison allemande ». Contrairement à ce que disent la Ligue, les 5 Etoiles, le Front National en France ou les partisans du Brexit en Grande-Bretagne, il n’y ainsi pas eu de coup d’Etat contre le vote des Italiens. Il y a au contraire un chef de l’Etat qui, fort de ses pouvoirs constitutionnels, a empêché que des partis marchent vers un retour à la lire sans l’avoir dit et sans que les électeurs aient approuvé ce choix. 

Voilà pour le passé, mais demain ? 

Eh bien demain, la campagne qui s’ouvre opposera les partisans du maintien dans l’euro aux partis, Ligue et 5 Etoiles, qui continueront de dénoncer un déni de démocratie organisé, disent-ils, par la France, l’Allemagne et la Commission européenne. « Dictature de Bruxelles », diront les uns tandis que les autres feront valoir qu’hors de la zone euro, l’Italie aurait bien du mal à rembourser ses dettes et payer ses importations, de matières premières avant tout. 

Théoriquement en charge des affaires courantes, Carlo Cottarelli sera là l’avocat de la monnaie unique et ne gagnera que s’il parvient à la mettre au cœur de la campagne qui s’ouvre.      

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