Il n’y a, bien sûr, pas que la faiblesse de l’économie américaine et les menaces qui en découlent pour l’économie mondiale. Ce début d’année politique, c’est aussi le malaise grandissant des opinions occidentales devant la guerre d’Afghanistan et la possibilité, donc, qu’elle ne soit perdue à Londres, Paris et Washington, avant de ne l’être sur le terrain. Cette rentrée, c’est, également, les points que les islamistes pakistanais viennent de marquer en sachant secourir leurs concitoyens victimes des inondations alors que le pouvoir lui, brillait, par son incurie. L’été n’a rien arrangé dans cette Asie du sud-ouest qui est devenue la plus dangereuse des régions du monde et il y a, enfin, la prochaine reprise de ces pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens sur lesquels à peu près personne ne veut parier un centime. On ne peut plus fragiles, ils ne sont pourtant pas aussi certainement voués à l’échec qu’on le dit. Là, rien n’est encore joué mais le fait dominant de cette rentrée, celui qui pourrait rebattre toutes les cartes et pour longtemps, c’est l’inquiétude que suscite la croissance américaine. A 1,6 point, elle aura été bien moindre que prévue au deuxième trimestre. Elle ne s’annonce pas bonne au troisième et, compte tenu du poids des Etats-Unis dans l’économie mondiale, cela signifie que l’Europe, la Chine, le Japon et l’ensemble des pays émergents vont avoir à souffrir de ce ralentissement. C’est un rebond de la crise ouverte il y a deux ans qui menace et ce deuxième round risque d’être bien pire encore que le précédent pour deux raisons. La première est que, contrairement à l’économie européenne, l’économie américaine ne bénéficie pas d’amortisseurs sociaux, de ces aides et protections sociales qui maintiennent un minimum de pouvoir d’achat dans les périodes difficiles et en limitent ainsi l’impact. Aux Etats-Unis, le chômage, c’est presque immédiatement la misère, c’est-à-dire non seulement ces drames humains qu’y connaissent déjà 10% de la population active mais un brutal ralentissement de la consommation qui atteint en même temps la production nationale et les importations. Ce n’est pas par hasard ni par manipulation des marchés que les Bourses sont reparties à la baisse. C’est parce que les perspective de l’industrie mondiale s’assombrissent et la seconde raison de serrer les dents est que les pompiers n’ont plus d’eau. A l’automne 2008, ce sont les Etats qui avaient jugulé les flammes en baissant les taux d’intérêt et s’endettant pour relancer l’activité mais leurs capacités d’emprunt se sont réduites et les taux ont atteint leur plancher. Sauf à parier sur une improbable inversion de tendance, il y a tout motif de s’alarmer. Sans une rapide coordination des réponses à ces défis, sans une relance simultanée des économies américaine et européenne, sans un dirigisme euraméricain, il ne restera bientôt plus que trois armes aux pouvoirs publics : de nouvelles restrictions budgétaires, les augmentations d’impôt et l’inflation. Les deux premières sont un facteur supplémentaire de ralentissement de l’activité. La seconde une boîte de Pandore. Il y a urgence, une urgence internationale.

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