Virus de la grippe mexicaine ou porcine, le H1N1 peut ne pas survivre à l’été. Il peut, au contraire, rebondir à l’automne, comme l’avait fait, en 1918, celui de la grippe espagnole et devenir alors une vraie menace. Personne ne le sait encore mais l’inquiétude suscitée, sur les cinq continents, par ce mal qui n’a pourtant fait, au jour d’aujourd’hui, qu’une poignée de victimes est étonnamment révélatrice d’une réalité que chacun perçoit. Dans un temps où l’avion réduit les distances tandis que les réseaux de communication, téléphone, télévision, internet, les abolissent carrément, le monde est bel et bien un village. Si lointain qu’il soit, un événement nous atteint immédiatement, non seulement parce qu’il est connu dans l’heure, parce qu’il n’est plus besoin d’attendre plusieurs mois le récit de voyageurs arrivés à cheval, en train, en bateau, mais parce que les gens qui l’ont vécu sont du jour au lendemain parmi nous, en quelques heures de vol. Avant guerre encore, il fallait plusieurs jours de navigation pour arriver du Mexique en Europe, sur les côtes, pas au cœur du continent, alors que des personnes qui ont peut-être été exposées à ce virus arrivent, aujourd’hui, jusqu’à Prague ou Moscou, avant même que la nouvelle de son existence n’y soit parvenue. Hier, il y avait la quarantaine mais que signifierait-elle, aujourd’hui, quand un passager venant de Pékin peut arriver, en fait, de Mexico ? Chacun, dans un aéroport, arrive du village mondial et les menaces politiques sont tout aussi mondialisées que les menaces sanitaires. Pour le terrorisme, on le sait. Il n’a pas plus de frontières que les nuages mais c’est tout aussi vrai des crises financières qui deviennent, on le voit, mondiales en quelques semaines, des conflits locaux qui vont vite jeter des cortèges de réfugiés sur les mers ou les routes et même des catastrophe naturelles qui mobilisent désormais, et c’est tant mieux, la solidarité internationale. C’est parce que nous savons tous qu’il n’y a plus d’événements étrangers mais des événements tout court que tout, partout, inquiète tant et si vite, trop vite parfois, mais il y a des réponses à cela. Dès lors qu’il n’y a plus qu’un seul monde, son organisation politique ne peut plus reposer sur les seuls Etats nations, même réunis au sein de l’Organisation des Nations Unies. Chacun des quartiers du village mondial doit s’organiser, continent par continent, comme le font les régions d’un même pays, car on ne pourrait pas plus tout centraliser dans une capitale globale que laisser chaque pays seul, face à des problèmes dont la dimension le dépasse. Il faut des réponses mondiales aux problèmes mondiaux mais elles ne peuvent être trouvées, et apportées, que si les grandes régions du monde commencent par les coordonner à leur niveau en se dotant d’instances communes. Le mouvement est en cours. Il n’y a pas que l’Europe qui se cherche. Economiques, politiques ou embryonnaires, les organisations continentales et régionales se multiplient depuis plusieurs décennies déjà mais il reste beaucoup à faire, en Europe comme ailleurs.

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