Anthony Bellanger.

Dans une prison vénézuélienne...

Il s'appelle Leopoldo López, il est un des chefs de l'opposition vénézuélienne et il a eu, hier, 29 avril, 44 ans. Ca fait exactement 1 an et deux mois qu'il croupi avec une soixantaine d'autres prisonniers politiques dans une prison de Caracas.

Alors, je ne vais pas m'attarder longtemps sur les raisons qui l'ont conduit dans une cellule de deux sur deux. Disons rapidement qu'il est accusé de « magnicide », c'est-à-dire d'avoir voulu faire assassiner le président actuel Nicolas Maduro.

Tout le monde sait au Vénézuela que ces accusations sont parfaitement fantaisistes et que Leopoldo López est en prison parce qu'il est, avec Henrique Capriles, l'ancien candidat à la présidentielle, l'opposant politique le plus en vue du pays.

Je saisis cette occasion pour évoquer un autre anniversaire : voilà 3 ans quasi jour pour jour que Nicolas Maduro est à la tête du Vénézuela. Trois années qui ont littéralement ruiné le pays la plus riche d'Amérique latine. Trois années de descente aux enfers.

Vous n'y allez pas un peu fort ?

Je vais vous racontez une petite histoire pour vous donner une idée de la situation kafkaïenne du pays. Pas plus tard que lundi, le gouvernement de Caracas a décidé d'écourter la journée de travail de tous les fonctionnaires vénézuéliens.

Désormais, ils travailleront 6 heures par jour. Vu d'ici, ça ressemble à un nouvel acquis social : réduction du temps de travail à 30h par semaine à salaire égal. Mieux que la France ! Mais ce n'est pas la raison pour laquelle cette décision a été prise.

Non, si les fonctionnaires vénézuéliens travaillent moins, c'est pour – écoutez bien – économiser l'électricité. Le pays traverse en ce moment une vague de chaleur. Chaleur veut dire air conditionné : la consommation a donc explosé au point de risquer l'apagón. C'est à dire en clair le blackout, la coupure électrique généralisée. Du coup, on renvoie les fonctionnaires chez eux et l'on est prié d'éteindre la lumière et surtout la soufflerie avant de sortir du bureau ! Est-ce efficace ? Même pas !

L'électricité est depuis quelques jours intermittent dans une dizaine de régions du pays. Cette situation est même devenue le quotidien des Vénézuéliens, puisqu'on rapporte tous les mois une quinzaine de coupures électriques plus ou moins longues.

C'est une situation d'autant plus incroyable que, je le rappelle, le Venezuela possède les réserves de pétrole les plus importantes au monde ! Avant l'Arabie Saoudite. Voilà donc un pays richissime en sources d’énergie contraint de quémander de l'électricité à son voisin colombien !

La crise économique s'aggrave en plus ?

Oui, parce qu'elle n'est pas seulement électrique, cette crise. Vous l'imaginez bien. Elle est presque devenue une crise de subsistance. Encore une fois, je ne vais pas m'attarder sur les pénuries de tout – du papier toilettes aux médicaments – qui affectent le quotidien.

Je vais juste vous donner un chiffre. Une des grandes victoires du régime, c'est d'avoir fait reculer la pauvreté. Il y avait 10 millions de pauvres en 1999, à l'arrivée d'Hugo Chávez. Grace à des programmes sociaux, ce nombre avait été divisé par deux à sa mort.

Grande victoire donc. Eh bien, en trois ans, le nombre de pauvres au Venezuela est revenu à son niveau d'avant Hugo Chávez. Il y a aujourd'hui à nouveau 10 millions de pauvres. Et les chiffres sont ceux du gouvernement vénézuélien lui-même.

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