Malgré les sanctions prises par Barack Obama contre la Russie, Vladimir Poutine semble triompher sur tous les plans, avec pourtant peu de moyens.

Les sanctions prises par Barack Obama contre la Russie ne viennent-elles pas un peu tard ? C'est le principal reproche adressé à Barack Obama par Le New York Times qui, pourtant, a toujours soutenu ET l'actuel président ET la candidature d'Hillary Clinton. Trop tard pour peser et donc presque dérisoire. Pire encore, les Etats-Unis ont été privés de négociations sur la Syrie. C'est la Russie, la Turquie et, de loin, l'Iran qui ont posé les conditions du cessez-le-feu actuel et des négociations politiques à venir sur le futur du pays. Le tout, sans inviter Washington, que l'on n’avait jamais vu aussi marginalisé, on pourrait même dire, aussi méprisé. Alors, bien sûr, il ne faut pas sur-interpréter cette vacance de la superpuissance étasunienne. Washington est en pleine transition politique. La période n'est donc pas favorable aux « deals », comme dirait Donald Trump. En clair, il faudra attendre encore quelques semaines avant d'y voir clair sur le rôle des Etats-Unis.

Reste qu'on a l'impression que la Russie est partout et qu'elle triomphe sur tous les plans. C'est d'autant plus étonnant que la Russie est un nain comparé aux Etats-Unis. Un nain économique – la Russie, a le PIB de l'Italie -, un nain politique – elle n'a aucun allié quand les Etats-Unis en ont presque trop – et un nain militaire. La Russie a grosso modo le budget militaire de la France, ce qui signifie qu'elle consacre à son armée des sommes proportionnellement énormes et qu'en plus, elle doit entretenir une force nucléaire démesurée, héritée de la Guerre Froide. Plus de 7 000 têtes nucléaires, alors que la France, par exemple, en a à peine 350 et que nous peinons, précisément, à la financer.

La question est donc, comment la Russie est-elle parvenue à de tels résultats avec si peu de moyens ? La réponse est simple : elle a profité de toutes nos faiblesses. Quand Barack Obama refuse en 2013 d'intervenir en Syrie ; la Russie a longtemps attendu jusqu'à ce que les adversaires commencent à montrer des signes de fatigue. Puis elle est intervenue massivement en 2015, et elle a renversé la table. Au fond, depuis la seconde guerre de Tchétchénie en 2000, Poutine applique toujours la même méthode : écraser ses adversaires sous les bombes sur quelques semaines décisives.

Il n'a aussi aucun compte à rendre, et c'est son second avantage tactique. La démocratie à l'occidentale, c'est compliqué. Lorsque l'on veut engager des forces à l'étranger, il faut consulter les parlements, les militaires, informer la population, voire affronter les manifestations. A Moscou, les choses sont effroyablement simples : Poutine décide, le parlement s'exécute, les manifestations sont interdites. C'est cela la verticale du pouvoir russe. Evidemment, ça semble très efficace sur le court terme. Mais sur le court terme seulement. Encore une fois, la Russie n'a pas les moyens de ses ambitions. Il suffirait pour l'épuiser que la guerre civile syrienne se prolonge quelques mois encore pour rendre son coût insupportable à Moscou. Voilà pourquoi Vladimir Poutine voudrait conclure au plus vite l'épisode syrien : engranger les dividendes de sa victoire avant que les Etats-Unis ne reprennent leurs esprit et fasse traîner en longueur une solution politique.

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