Cela pouvait déboucher sur une nouvelle guerre mais, non, ce ne sera pas le cas. Après que deux de leurs soldats eurent été tués, mardi, lors d’une incursion du Hezbollah sur leur territoire, les Israéliens avaient montré leurs muscles et annoncé des représailles. Le Hezbollah semblait, de son côté, promettre d’autres attaques mais, tandis qu’elles « gesticulaient », comme disent les militaires, les deux parties se sont, en fait, employées à éteindre l’incendie.

Par l’intermédiaire de la Finul, de la force des Nations Unies déployée à la frontière libano-israélienne, le Hezbollah a fait savoir aux Israéliens qu’il ne souhaitait pas entrer dans un cycle de violences. Par le même canal, les Israéliens ont, eux, assuré le Hezbollah qu’ils ne voulaient pas non plus d’une escalade. Ce n’est pas l’habituelle loi du talion mais la Raison qui a prévalu mais pourquoi ?

Difficile de le dire précisément car il y les faits et des suppositions. Les faits sont que l’essentiel des troupes du Hezbollah est engagé, depuis deux ans, en Syrie aux côtés du régime Assad. Aussi puissante qu’elle soit, cette organisation de chiites libanais armés et financés par l’Iran, pourrait difficilement se battre sur deux fronts à la fois et les Israéliens savent, pour leur part, que les missiles dont l’Iran a doté le Hezbollah peuvent frapper Tel Aviv beaucoup plus sûrement que ceux dont le Hamas disposait l’été dernier à Gaza.

Une dissuasion a joué car chacune des deux parties avait de quoi faire réfléchir l’autre mais on peut également supposer que les plus modérés des dirigeants iraniens ont voulu calmer le jeu pour ne pas compromettre plus encore les négociations sur le dossier nucléaire qu’ils mènent avec les grandes puissances. On peut aussi imaginer que le régime syrien n’ait pas voulu risquer que le Hezbollah se trouve obligé de rappeler des troupes sans lesquelles Bachar al-Assad serait en difficultés puisqu’elles constituent les plus sûres de ses forces.

Il y eut quoi qu’il en soit, et pourvu que cela dure, un faisceau de convergences qui a fait baisser la tension et, cette menace de guerre écartée, c’est maintenant la scène intérieure israélienne qui à scruter à la loupe.

On le disait hier, à un mois et demi des élections israéliennes du 17 mars, le camp de la paix relève la tête. Pour l’instant en tout cas, les sondages lui donnent quelques sièges d’avance sur la coalition de droite et d’extrême-droite conduite par Benjamin Netanyahou. Aucune des deux coalition en lice ne semble à même d’obtenir une majorité absolue. Un suspens grandit et cela d’autant plus que les partis politiques des Arabes israéliens tentent de surmonter leurs divergences et de présenter une liste commune.

S’ils y parvenaient, ils pourraient susciter une mobilisation des électeurs arabes, les convaincre de retourner aux urnes dont ils s’étaient détournés depuis longtemps et remporter alors assez de sièges pour constituer un groupe pivot à la Knesset. Ce serait une situation inédite, un total bouleversement dont les conséquences pourraient être grandes.

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