Aujourd'hui, Anthony Bellanger, c'est la Corée du Nord qui fait à nouveau parler d'elle, à cause d'images satellites...

Des images qui montre que le régime claquemuré de Pyongyang a fini d'agrandir et de moderniser son pas de tir de Sohae, dans le nord du pays, non loin de la frontière avec la Chine. Une structure qui avait déjà servi en 2012 pour lancer une fusée de 30M de haut.

Après étude des clichés satellites, il semble que le pas de tir soit capable d'accueillir une fusée deux fois plus grande. Quant au lancement de cette superfusée, il devrait avoir lieu autour du 10 octobre prochain, pour l'anniversaire des 70 ans du régime.

Le fait que la Corée du Nord développe un programme spatial n'a en soi rien de nouveau. L'agence spatiale nord-coréenne, la Nada, fait même la fierté du régime. En 1998 et en 2009, la pays avait même déjà assuré avoir mis en orbite des satellites.

Le problème c'est que personne ne les a jamais vu ni détecté dans l'espace. En 2012, par contre, la Corée du Nord a bien placé en orbite un objet. Mais, il semble que l'objet en question tourne et tourne et tourne autour de la terre mais ne sert à rien.

Relance : mais alors à quoi sert ce programme spatial ?

C'est vrai qu'on a du mal à comprendre ! Un programme spatial, avec pas de tir, centre de contrôle et fusée de 30M, ça coûte une fortune. Or on parle bien d'un pays dont 70% de la population peut basculer dans la malnutrition avec une mauvaise récolte de riz.

En fait, pour comprendre, il faut savoir que les techniques qui servent à placer dans l'espace un satellite ne sont pas très différentes de celle qui servent à lancer des missiles intercontinentaux. Quand on maitrise les unes, on maitrise les autres.

Autrement dit, le programme spatial nord-coréen serait le faux-nez d'un programme militaire beaucoup plus inquiétant. Un programme qui consisterait à doter la Corée du Nord de missiles capables de frapper, disons, la Russie ou la côte est des Etats-Unis.

Relance : là vous commencez sérieusement à inquiéter tout le monde...

Je comprends. Parce qu'en plus, on sait que la Corée du Nord a testé par 3 fois la bombe atomique. La dernière fois, c'était en février 2013. De là à imaginer un missile nord-coréen dotée d'une charge nucléaire, il n'y a qu'un pas.

Et pourtant, on en est loin. D'abord parce que le programme spatial nord-coréen est tout de même très imprécis, sinon frustre. La dernière tentative de lancement de fusée en avril 2014 s'était d'ailleurs achevé lamentablement par une explosion au décollage.

Ensuite parce qu'une chose est de faire exploser sous une montagne nord-coréenne une bombe atomique de la taille d'un hangar ; et une autre, bien différente, est de la placer au bout d'une fine fusée. Pour y arriver, il faut miniaturiser l'engin.

Or si les nord-coréens savent miniaturiser une charge conventionnelle, ils sont encore très loin de pouvoir miniaturiser une charge nucléaire. Par contre, il ne fait aucun doute qu'ils y travaillent d'arrache-pied. Il n'est même pas certain qu'ils y parviendront un jour.

Mais ce n'est pas là l'essentiel. L'essentiel, c'est justement de nous faire peur. De nous faire croire qu'un jour pas si lointain, ils pourront effectivement lancer un missile nucléaire et détruire Tokyo, Séoul ou Los Angeles.

C'est une question de survie : c'est en maniant cette menace que le régime nord-coréen parvient à rançonner la communauté internationale, à obtenir une aide alimentaire et à dissuader tout ceux qui seraient tentés de renverser Kim Jong Un, le dictateur joufflu.

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