La crise grecque inquiète les Etats-Unis et la Chine qui le disent. Cette crise n’est pas seulement grecque ni même seulement européenne mais potentiellement mondiale car de nouvelles difficultés de la zone euro mettraient à l’épreuve la cohésion des Européens et, donc, l’Union elle-même, déjà malmenée par la question des réfugiés, la montée de l’euroscepticisme et les nouvelles exigences britanniques mais ce n’est, malheureusement, pas tout - pas le seul grand point d’interrogation pesant sur la scène internationale.

En principe, les négociations sur le nucléaire iranien auraient dû se conclure aujourd’hui. C’était également une date butoir mais elles se prolongeront - de quelques jours, de quelques semaines, on ne sait pas - et là non plus, un compromis n’est nullement certain. Il y a un acquis. Les grandes puissances lèveront leurs sanctions économiques contre l’Iran qui acceptera, en contrepartie, de diminuer l’ampleur de son programme nucléaire afin qu’il ne puisse pas aboutir en moins d’un an à la fabrication d’armes atomiques.

C’est un donnant-donnant qui permettrait à la République islamique de remettre à flot son économie tandis que les grandes puissances auraient, de leur côté, douze mois pour réagir si la théocratie iranienne reprenait sa marche vers la bombe. Là-dessus, tout le monde est d’accord mais plus personne ne l’est sur la durée de ce compromis, sur les moyens de sa vérification et surtout, c’est le plus épineux, sur le rythme de levée des sanctions.

Les Iraniens exigent qu’elle intervienne dès la signature d’un accord. Les grandes puissances voudraient qu’elle soit progressive et automatiquement réversible en cas de doute sur la bonne foi de Téhéran. Chaque virgule est l’objet d’interminables discussions qui peinent d’autant plus à progresser que, si les Américains sont pressés de signer, les Russes sont sourcilleux, la France l’est encore bien plus et le régime iranien est si divisé que ses négociateurs doivent surveiller les réactions et évolutions de leur capitale comme le lait sur le feu.

Les similitudes avec la crise grecque sont à cet égard frappantes mais la négociation iranienne est-elle menacée d’aussi grandes difficultés ?

Elle l’est a priori moins parce que la levée des sanctions est tout simplement vitale pour la République islamique et que les Etats-Unis ont un besoin tout aussi urgent de ce compromis sans lequel ils seraient vite contraints d’aller bombarder les sites nucléaires iraniens alors que, sans l’aide de l’Iran, ils n’arriveront pas à réduire les djihadistes de Daesh, de l’Etat islamique, et à stabiliser l’Irak dans ses frontières actuelles.

Rationnellement parlant, tout dit qu’on devrait arriver à un accord dans la semaine qui vient mais tout le problème, toute l’inquiétude, est que la rationalité n’est pas tout en politique, comme la Grèce le démontre.

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