Vous vous intéressez aux maisons et appartements des super-riches...

Par Anthony Bellanger

Vous vous intéressez aux maisons et appartements des super-riches.

C'est un article du New York Times qui m'en a donné l'idée. On parle de biens luxueux qui se vendent pour 100M$ minimum : des triplex de plusieurs centaines de m² avec vue sur Central Park, des palais londoniens qui ont la reine pour voisine.

Mais aussi la villa méditerranéenne de Pierre Cardin qui est en vente pour 450M$. Par année, quelques dizaines de ces biens exceptionnels sont proposés à la vente. Elles sont souvent neuves, ces propriétés, construites par des spéculateurs.

Or si le New York Times s'intéresse à ces palais millionnaires, c’est parce qu'en fait, ils ne se vendent plus aussi bien. Cette année, 27 de ces propriétés à 100M$ et plus sont officiellement en vente dans le monde.

Un chiffre en hausse : il y en avait 19 en 2015 et une douzaine en 2014. Si l'on ajoute à cela le téléphone arabe, qui fonctionne aussi chez les hyper-riches, il y aurait dans le monde 40 à 50 palais et appartements qui ne trouvent pas preneur.

C'est juste un problème de milliardaire... ?

Je sais bien… Sauf que la dernière fois qu'une mévente de maisons et d'appartements hyperluxueux est arrivée, c'était juste avant la crise de 2007 ! Autrement dit, le marché des palais serait l'indicateur ultime des ennuis à venir.

Ça fait un peu peur. D'autant que les ennuis des super-riches sont aussi ressentis à plusieurs milliers de kilomètres de New York, à Dubaï. Dans un marché dominé par les riches étrangers, on a constaté une baisse de 13%.

On est loin des 31% atteint lors de la crise de 2008 et les agents immobiliers de Dubaï assurent que ça n'a rien d'une crise, juste un ajustement. Mais ça sent tout de même mauvais, d'autant que les biens plus abordables font un plongeon de 17%.

Lorsque je parle de biens plus abordables, ce n’est pas la maison de monsieur tout le monde. Les Emiratis, eux, sont logés quasi gratuitement par l'Etat. Il s'agit de biens moins bien orientés, moins grands ou situés dans les 1ers étages d'une tour.

Est-ce que ce n'est pas tout simplement parce que les riches sont devenus moins riches... ?

C'est vrai que la chute du prix du baril de pétrole a asséché les pétrodollars. C'est vrai aussi que les super-riches chinois font la fine-bouche depuis que l'économie chinoise croît moins vite.

Mais il y a aussi un vrai changement d'époque : même chez les super-riches, la débauche de millions pour des biens qu'ils habitent à peine est devenue suspecte.

D'abord, elle met la puce à l'oreille du fisc : la plupart de ces biens sont achetés par le biais de sociétés écrans. Et on a vu avec les Panama papers que ces solutions sont moins discrètes qu'il n'y paraît. Enfin, il y a le mécontentement général.

De Londres à New York, de Paris à Berlin, les citadins élisent des maires qui prennent à bras le corps le problème de la concentration des hyper-riches dans les centres-villes, chassant la population. Et visiblement, ça fait baisser les prix !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.