Le grand accord, aussi contraignant qu’un traité international et engageant tous les Etats du monde à limiter l’augmentation de la température à deux degrés supplémentaires, non.

Il est si peu probable qu’on y arrive que ce n’est en réalité pas l’objectif poursuivi par la COP-21 mais des engagements pris dans un consensus ne laissant que très peu de pays de côté et la décision, surtout, de soumettre à examen, tous les cinq ans au plus, les mesures que les uns et les autres auront appliquées, alors là, oui. Il n’est pas impossible qu’on y arrive dans les quinze jours à venir et ce résultat serait tout, sauf négligeable.

La première raison pour laquelle c’est devenu possible est que la Chine et les Etats-Unis souhaitent aujourd’hui un accord. Les Etats-Unis n’y sont pas unanimement favorables puisque l’essentiel du parti républicain ne l’est pas et que de gros lobbies industriels le sont encore moins mais Barack Obama, l’est totalement et peut donc engager l’exécutif sur une position globalement populaire dans l’opinion américaine.

Quant à la Chine, elle a désormais pris conscience qu’elle est en train d’empoisonner ses grandes villes et que la lutte contre la pollution devient le seul facteur de contestation politique réellement inquiétant pour le pouvoir.

La deuxième raison pour laquelle cette conférence pourrait être un succès est que son hôte et organisateur, la France, siège dans toutes les grandes instances internationales et qu’elle a su mettre cet atout à profit pour baliser les débats et faire évoluer beaucoup de pays et groupes de pays.

Quant à la troisième raison pour laquelle on peut croire à un dénouement heureux de la COP-21, elle est que le coût des énergies alternatives aux énergies fossiles a si bien diminué depuis 2013, une année tournant, que les premières deviennent une véritable alternative, économiquement justifiable.

Ce n’est pas plié. Il serait trop tôt pour déjà parier sur un succès mais le rapport de forces est plutôt encourageant.

L’Europe, la Chine et les Etats-Unis, rien que cela, y pousseront en parallèle. Le Brésil et le Japon auront le pied sur le frein mais l’Australie et le Canada militent désormais pour un accord. L’Arabie saoudite n’est évidemment pas un grand fan des énergies alternatives mais n’aurait pas intérêt à trop contrecarrer les Occidentaux dont elle a besoin au Proche-Orient.

Autre grand producteur de pétrole, la Russie pourrait bien avoir à cœur de ne pas se singulariser face à un bloc sino-occidental et restent ainsi deux points d’interrogation, l’Inde et l’Afrique.

L’Inde a la capacité de n’en faire qu’à sa tête mais doit choisir entre être le dernier pays à s’industrialiser comme au XIX° ou le premier à fonder son développement sur les énergies vertes. Cela dépendra des transferts de technologie qui lui seront consentis. Quant à l’Afrique, tout ou presque est une question d’argent, d’aide internationale, car ce continent n’a pas les moyens de la vertu. Un succès n’est pas injouable mais…Rendez-vous dans deux semaines.

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