Et maintenant l’Italie ? Et maintenant l’Autriche ?

Oui, c’est possible, non pas du tout certain mais possible. Il est parfaitement possible que, dimanche prochain, la présidentielle autrichienne place à la tête de l’Etat un candidat d’extrême droite dont le parti plonge ses racines dans la passé nazi de ce pays tandis qu’un échec du référendum constitutionnel italien ouvrirait une crise politique à Rome dont le principal bénéficiaire pourrait être un admirateur de Donald Trump, l’ancien humoriste Beppe Grillo, dont le mouvement 5 étoiles est… Comment dire ? Un grand n’importe quoi.

En Autriche, il s’agit de la seconde présidentielle en six mois car la première n’avait été remportée, le 22 mai, que de 31 000 voix par un Vert plutôt centriste. Gauche et droite, les deux grands partis autrichiens avaient été balayés. Cela s’était joué entre deux candidats a priori hautement improbables mais le résultat était si serré et les votes par correspondance des Autrichiens de l’étranger avaient tant pesé et suscité tant de contestations que la Justice avait tranché en faveur d’un nouveau scrutin qui oppose donc les deux mêmes, Alexander Van der Bellen au centre et Norbert Hofer à l’extrême droite.

En Italie, les choses sont autrement plus complexes puisqu’il ne s’agit en principe pas d’élire quiconque mais d’adopter ou rejeter une nouvelle Constitution.

Une majorité de « oui » diminuerait les pouvoirs du Sénat et le nombre de sénateurs. Le train de vie de l’Etat en serait réduit et la Chambre haute ne pourrait plus faire tomber les gouvernements. La formation des coalitions en serait simplifiée et la stabilité politique renforcée dans un pays qui a connu 63 gouvernements depuis 1945 presque un par an.

Logiquement parlant et quels que soient les manques et défauts de ce projet, le « oui » devrait l’emporter mais le problème est qu’on tend toujours, dans les référendums, à moins répondre à la question posée qu’à celui qui la pose.

Or Matteo Renzi, président du Conseil depuis 34 mois, n’a pas que des amis. A 41 ans, ce jeune premier de la politique a fait souffler le changement sur le Péninsule à un rythme d’enfer, augmenté les recettes de l’Etat en luttant contre la fraude fiscale et crée de nombreux emplois, plus de 650 000 dont 490 0000 à durée indéterminée, en assouplissant les conditions d’embauche et de licenciement. C’est une tornade, toujours sur la brèche et omniprésent, mais il n’a pas fait décoller le Sud, a déçu les laissées-pour-compte du changement et braqué les plus conservateurs en instituant une union civile pour les couples homosexuels. Il est contesté jusque dans son parti, le Parti démocrate de centre gauche, et un « non » n’est nullement exclu.

On verra dimanche mais si, après le Brexit et Donald Trump, l’Autriche élisait un président d’extrême droite tandis que l’Italie allait vers des législatives anticipées pouvant ouvrir la voie au 5 étoiles de Beppe Grillo, cela ferait beaucoup, vraiment beaucoup.

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