La social-démocratie conditionne son retour aux affaires à un grand bond européen

Pour l’Union européenne et pour Emmanuel Macron au passage, ce pourrait être le plus beau de cadeaux mais pour mieux comprendre, un point, d’abord, sur la politique intérieure allemande.

    Après l’échec de ses négociations avec les Vert et les Libéraux, soit Angela Merkel parvient à convaincre les sociaux-démocrates de reformer avec elle la grande coalition qui gouvernait l’Allemagne depuis cinq ans soit elle doit se résigner à de nouvelles élections. 

    Si c’était le cas, il n’est pas certain que la démocratie chrétienne lui demande de la mener une fois de plus à la bataille et encore moins sûr que ces élections anticipées débouchent sur des résultats fondamentalement différents de ceux du mois de septembre. 

    Si elle ne trouve pas de terrain d’entente avec la gauche, la chancelière risque ainsi de devoir se retirer de la vie politique et cela met le chef de file des sociaux-démocrates, Martin Schulz, en position de force. 

    Chacun sait, car il l’avait martelé sur tous les tons, qu’il préférerait offrir à son parti une cure d’opposition afin de le redéfinir clairement en alternative à la droite. Il n’est autrement dit pas demandeur d’un retour aux affaires, bien au contraire, et n’en est venu à l’envisager que parce qu’il ne peut pas faire passer  l’identité de la gauche avant la stabilité politique de l’Allemagne. 

    Alors bon d’accord, il va ouvrir des discussions avec la chancelière et se  rendra avec elle aujourd’hui chez le chef de d’Etat, le social-démocrate Franck Walter Steinmeier, qui souhaite le voir sceller un accord avec Mme Merkel. Cet accord, il va le chercher, de bonne foi, puisque beaucoup de ses amis l’y poussent et qu’une large partie des électeurs y est favorable mais ce sera cartes sur table et à ses conditions. 

    « Si nous voulons que l’Europe reste forte, a dit dès hier l’ancien président du Parlement européen qu’est Martin Schulz, nous devons lui permettre d’agir et de faire en sorte que les peuples voient une différence tangible dans leur vie ». Il s’est en conséquence prononcé en faveur d’un budget de la zone euro et d’une ministre des Finances commun aux pays de la monnaie unique, c’est-à-dire de moyens d’investissements européens dans les industries d’avenir et d’une harmonisation des politiques fiscales, sociales et économiques de la zone euro. Il a ainsi repris à son compte car elles étaient siennes depuis longtemps, deux des propositions clés d’Emmanuel Macron et a parallèlement appelé à des investissements allemands dans l’éducation et les infrastructures numériques. 

       Sur ce second point, il s’est rallié à l’idée essentielle que l’Allemagne devrait dépenser plus pour tirer la croissance européenne et peut-être l’Union est-elle ainsi à la veille d’un vrai tournant.

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