Où l'on voit que ni Barcelone ni Madrid ne veulent d'un compromis que les capitales européennes se devraient d'imposer.

Les estimations varient du simple au triple. Trois cent mille, dit la police catalane. Un million, disent les autorités espagnoles mais quel qu’ait été le nombre de manifestants descendus hier dans les rues de Barcelone pour s’opposer à l’indépendance, la certitude est qu’ils étaient extrêmement nombreux. 

        Cela n’a rien d’étonnant puisqu’aux élections régionales de 2015 les indépendantistes n’avait pas réuni plus de 47% des voix et n’avaient obtenu une majorité au Parlement catalan qu’en vertu d’un système de pondération avantageant les zones rurales. Les indépendantistes ne sont pas majoritaires en Catalogne mais alors pourquoi en est-on là ?  

        Pourquoi en est-on à la destitution des dirigeants catalans et à une telle montée de la tension qu’elle peut, à chaque instant, conduire à des affrontements dans la quatrième économie de l’Union européenne ? 

        Il n’y a pas un fautif mais deux. 

Le Parti populaire, celui de l’actuel Premier ministre Mariano Rajoy, a eu le grand tort de faire invalider, en 2010, le nouveau statut de la Catalogne par le Tribunal constitutionnel et de persuader ainsi nombre de Catalans qui n’étaient jusqu’alors pas indépendantistes qu’il n’y avait pas d’autre salut national qu’en dehors de l’Espagne. Le second tort du Parti populaire, plus grave encore, a été de ne pas avoir eu l’intelligence d’accepter, après les élections de 2015 et la victoire des indépendantistes, l’organisation d’un référendum légal qui aurait à coup sûr refusé l’éclatement de l’Espagne. 

Au lieu de cela, Mariano Rajoy, a envoyé la police nationale tenter d’empêcher le référendum des indépendantistes en s’en prenant aux votants. La droite espagnole a choqué beaucoup de Catalans et en a radicalisé plus d’un mais les torts des indépendantistes ne sont pas moins grands car leur politique n’est que celle du pire, d’amener Madrid à la violence afin de creuser un fossé entre l’Espagne et la Catalogne et de rendre l’indépendance inéluctable en cultivant la haine. 

Fait de mépris des autres régions d’Espagne et de désir de ne plus participer à la redistribution des richesses entre Espagnols, l’indépendantisme  n’a rien de particulièrement séduisant. Il est en fait tout aussi déplaisant que cette évidente volonté de Madrid de briser l’indépendantisme au lieu de prendre en compte la réalité d’un sentiment national que l’Espagne pourrait  laisser s’affirmer sans pour autant se défaire.

Des deux côtés, on fuit le compromis et, même si les élections que l’Espagne veut organiser en décembre faisaient reculer les indépendantistes, rien ne serait résolu. Sauf à ce que l’abcès ne devienne purulent, il faut une négociation et les grandes capitales européennes se devraient de la permettre.

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