3 films américains, 3 films censurés… C’est la matière de votre chronique aujourd’hui… Tout est géopolitique et plus encore lorsqu’il s’agit de cinéma américain ! Les heureux élus du jour sont Exodus de Ridley Scott, interdit aux EAU, au Maroc et en Egypte, Homeland qui irrite le Pakistan et The Interview pour la Corée du Nord.3 productions très différentes et qui ont donc agacé les censeurs de façon très différente aussi. En résumé ont pourrait dire que pour le film de Ridley Scott, c’est le personnage de Pharaon, cruel et influençable, qui a déplu aux Arabes.Pour la 4ème saison de la série télévisée Homeland, ce sont les 12 épisodes qui tous se passent dans un Pakistan jouant double jeu et présenté comme un Etat soutenant les Talibans, qui a suscité les protestations d’Islamabad.Quant à The Interview, la bande annonce suffit à expliquer le courroux de Pyongyang : le leader nord-coréen y est ridiculisé, le pays caricaturé et surtout Kim Yong-Un meurt non sans avoir presque réussi à effacer les Etats-Unis de la carte.Dans tous les cas, les régimes censeurs ont en commun une certaine fragilité intérieure, traversent des passes difficiles ou encore – comme dans le cas de la Corée du Nord, veulent exister sur la scène diplomatique internationale.En censurant un film américain, ils s’auto attribue un certificat de vertu à bon compte ou encore s’achètent de la publicité pour pas cher. Et, on l’a bien vu avec l’affaire de The Interview, s’est même très efficace.Relance : est-ce que c’est la seule raison ? C’est la principale, mais vous avez raison il y en a au moins deux autres. La première est presque technique. Aujourd’hui, empêcher un film de sortir en salle n’a au fond qu’une portée symbolique.Dans le monde arabe et au Pakistan, par exemple, les films – américains ou non – sont vus essentiellement par le biais d’Internet. En clair, ils sont piratés.Autrement dit le message est clair, l’impact médiatique intérieur comme extérieur très fort et les conséquences quasi nulles. Mais il y a une 2ème raison plus étonnante à ces censures à répétition : la concurrence.Relance : la concurrence de qui ? Au Pakistan comme dans tout le monde arabe, du cinéma indien. En Afrique, du cinéma Nigérian et en Asie en général, des productions télévisuelles et cinématographiques chinoises et sud-coréennes.Depuis une dizaine d’années maintenant, cette concurrence est ominiprésente. Les Etats-Unis, en nombre de films, ont même été dépassé par Nollywood : autrement dit les productions nigérianes.Quant au cinéma indien, Bollywood, il s’est lancé dans le film de science-fiction, dans celui d’espionnage – genre James Bond – et même dans les superhéros avec Defender ou Ra One ! Et ça marche !Quant aux séries télévisées, c’est la Turquie qui en quelques années est devenue le 2nd voire le 1er exportateur mondial, avec des œuvres comme Le Siècle de Soliman. Bref, le cinéma américain populaire n’est plus aussi dominateur.On peut donc sans grand dommage en priver une population qui ira en échange et sans trop protester voir un film indien, une série turque ou un DVD nigérian. Ou qui les piratera tous sur Internet pour le réveillon.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.