Aujourd'hui Anthony Bellanger, c'est au Brésil que vous nous emmenez pour un scandale de corruption gigantesque...

On peut même parler de scandales au pluriels : pas une journée ne se passe depuis maintenant plusieurs sans qu'un politique brésilien soit inculpé, une entreprise perquisitionnée, des aveux publiés. Mais depuis deux jours, un nouveau niveau a été atteint.

Ce nouveau développement est très simple à expliquer : l'icône brésilienne par excellence, le président le plus populaire de l'histoire du Brésil, Lula lui-même est l'objet d'une enquête pour favoritisme et complicité de corruption. Rien de moins.

Alors je ne vais pas revenir sur les épisodes précédents, sachez simplement que le scandale de corruption du moment touche Petrobras, qui est l'équivalent de Total au Brésil et qu'une cinquantaine de politiques sont inculpés ou interrogés.

La plupart d'entre eux appartiennent au Parti fondé par Lula, le Parti des travailleurs, et rien que cela, c'est un choc brutal pour les Brésiliens. Les sommes concernées par cette véritable machine de corruption sont proprement hallucinantes : on parle de 4Mds$ !

Relance : mais jusqu'à présent, ni Lula ni la présidente actuelle n'avaient été directement inquiétés...

C'est vrai ! Mais il faut savoir qu'avant d'être présidente Dilma Rousseff était ministre de l'énergie et qu'elle a présidé Petrobras pendant les années couvertes par les fameuses enquêtes de corruption. Difficile d'imaginer qu'elle ne savait rien.

C'est en tout cas ce que pensent les Brésiliens qui, d'une part, ne lui font plus confiance – elle ne recueille plus que 25% de popularité – et qui, d'autre part, sont de plus en plus nombreux – 60% selon les sondages à souhaiter sa destitution.

Quant à Lula, le simple fait qu'une enquête ait été ouverte sur l'ancien président Lula, non pour corruption mais pour avoir favoriser sur des marchés étrangers une des plus grosses entreprises de construction brésiliennes, montre bien la gravité de la situation.

Relance : Comment a réagi Lula ?

L'ouverture de cette enquête date d'il y a à peine deux jours. Mais il a déjà eu le temps de s'exprimer et d'expliquer qu'il se sentait persécuté. « Ils me persécutent », a-t-il expliqué à des journalistes, « comme les Nazis persécutaient les Juifs ».

Ce n'est pas très malin ce genre de déclaration. D'une part parce que les « nazis » en question, ce sont des juges anticorruption qui font visiblement très bien leur travail. Ensuite parce que ça montre l'extrême nervosité de la classe politique, Lula compris.

D'autant que les ennuis de la présidente ne s'arrête à ces enquêtes de corruption : le chômage est reparti à la hausse, le real, la monnaie brésilienne, a perdu 20% de sa valeur face au $ et la croissance du pays est en berne.

Mais je ne voulais terminer cette chronique sur une note catastrophique : bien sûr que les mois à venir vont être compliqués pour le pays. Mais souvenez-vous, en mars dernier il y avait plus d'un million de Brésiliens qui manifestaient dans les rues de Sao Paulo.

Or que réclamaient-ils ? De meilleurs services publics mais surtout, surtout, la fin d'un système de corruption généralisé. D'une certaine façon, la justice brésilienne, en faisant preuve de courage et d'une remarquable indépendance, les a exaucé.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.